Vous ne
pourrez pas dire à vos enfants ou à vos petits-enfants que vous ne
saviez pas …
Lettre ouverte aux
élus et à la population
Madame, Monsieur,
"Des milliardaires qui occupent les suites de luxe jusqu’aux
immigrants entassés en fond de cale, tous sont embarqués dans le même
voyage – et pour le même naufrage. Et pourtant, alors que l’iceberg
approche et que le bateau devrait dévier de son cap, l’orchestre
continue de jouer, les passagers de se distraire, et l’équipage de
passer de groupe en groupe afin de rassurer tout le monde " écrit
Nicolas Hulot dans " Le syndrome du Titanic" ( Chez Calman- Levy– ISBN
2-7021-3418-1)
Mais nous ne serons pas les seuls à sombrer ; combien de milliards
d’hommes ne pourront plus, avant la fin du siècle, survivre sur une
Terre dévastée ?. Et vous ne pourrez pas dire à vos enfants ou à vos
petits-enfants que vous ne saviez pas…
L'empreinte écologique est une mesure de la pression qu'exerce l'homme
sur la nature. C'est un outil qui évalue la surface productive
nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de
ressources et à ses besoins d'absorption de déchets (l'ensemble des
coefficients qui sont pris en compte dans la détermination de
"l'empreinte écologique" sont détaillés sur
http://www.wwf.fr/empreinte_ecologique/.
A l'échelle d'une personne, l'empreinte écologique est une estimation de
la superficie nécessaire pour répondre à l'ensemble de vos besoins en
ressources naturelles. L’empreinte globale a grimpé de 80% entre 1961 et
1999 pour atteindre un niveau de 20% supérieur à la capacité biologique
de la Terre. Mais de fortes disparités existent: si tous les humains
vivaient comme la moyenne des étatsuniens, il nous faudrait 5 Terres et
3 en vivant tous comme la moyenne des européens. Pour ne pas dépasser
cette empreinte il nous faudrait vivre comme la moyenne des chinois ou
des indiens. Alors, quelles solutions? Interdire à 3 milliards d'humains
l'accès aux normes de confort ou de consommation occidentales? Pour
nous, habitants des pays riches, diminuer par 3 ou 5 nos consommations ?
Plus globalement, orienter une diminution drastique de la population
terrestre par une grande campagne mondiale d'incitation assorties de
garanties sociales?
La majorité des élus, la majorité des hauts fonctionnaires et la
majorité des média ont refusé de prendre l’exacte mesure du problème qui
transparaît depuis maintenant plus de 30 ans (en 1972, suite à la
demande du Club de Rome une équipe de chercheurs du Massachussetts
Institute of Technology diffuse le rapport Meadows connu sous le nom de
"Rapport du Club de Rome" . Les conclusions des chercheurs sont simples
: tant que le modèle global comporte certaines boucles "positives",
notamment la recherche de la croissance annuelle de la production
industrielle - ce qui est le projet de tout pays aujourd'hui - ,
l'effondrement est inévitable avant 2100 quel que soit l'optimisme
prévalant sur les autres hypothèses.).
Nous vous reprochons, vous élus, de ne pas, aujourd'hui, prendre les
problèmes à bras le corps … qu’attendons-nous ? qu’il soit trop tard,
que les problèmes ne puissent plus être traité qu’autrement que par
l’extermination des ¾ de la population, dernière solution possible pour
la survie de la Terre dans un système capitaliste?
Nous vous reprochons de ne pas réagir, et de nous laisser engagés dans
de multiples impasses: nous en citerons quatre qui sont d'ailleurs
interdépendantes!
L'impasse énergétique: ( Voir les détails sur le site du
polytechnicien Jean- Marc Jancovici, spécialiste des questions
énergétiques :
http://www.manicore.com/)
La production de pétrole culminera aux alentours de 2020, pour
inexorablement décliner ensuite.
Avec un taux de croissance de 2% par an (et on peut se poser la question
de savoir si la Chine et l'Inde, avec leurs plus de 2 milliards
d'habitants qui eux aussi souhaitent pouvoir se déplacer en automobile,
avoir chaud l'hiver et frais l'été, partir en vacances et manger de la
viande, construire et consommer, voudront bien se limiter à cette
croissance) , c'est en 2050 que nous aurons consommé toutes les réserves
mondiales prouvées (800 Gtep) et vers 2100 que nous aurons consommé
toutes les réserves mondiales prouvées et supposées (4000 Gtep)
Ah, bien sur, on peut espérer la découverte d'une nouvelle source
d'énergie aussi pratique que le pétrole, et si possible sans émission de
CO2 … vous prenez le risque de ce pari ?
L'impasse climatique:
Jean- Marc Jancovici écrit "Si l'évolution climatique que nous avons
enclenchée devait aboutir à l'appauvrissement des écosystèmes, à la
disparition de ressources naturelles (sols cultivables, ressources
maritimes, etc), à des désertifications, à une division par trois de la
production agricole, à une recrudescence de phénomènes extrêmes, à des
migrations, voire à des guerres, il est évident qu'il y aurait des
répercussions sur la santé, et que l'espérance de vie baisserait…./… A
cause de la très grande inertie de certaines des composantes de la
machine climatique, l'évolution que nous avons mise en route aura donc
des conséquences pendant quelques milliers d'années, quoi que nous
fassions désormais…./… Toutefois il est encore entre nos mains d'avoir
une évolution forte ou faible, un changement d'ère climatique ou
peut-être une simple modification gérable de l'ère actuelle."
La prolongation des tendances concernant nos émissions de CO2 conduit à
une élévation de température moyenne de la planète: le haut de la
fourchette dépasse maintenant les 8 °C en un siècle. Personne ne sait
prévoir les terribles conséquences probables d'une telle élévation.
Et l'application du Protocole de Kyoto, s'il est un premier pas positif,
ne changera pas grand chose au problème: pour compenser nos émissions de
CO2 en excès, il faudrait boiser l'intégralité des terres aujourd'hui
cultivées dans le monde, un quart des terres émergées (c'est aussi
l'équivalent des forêts actuelles).
L'impasse alimentaire:"
Si nous voulons pouvoir nourrir 6 milliards d'êtres humains sans
détruire la planète qui nous héberge, il nous est impossible de
poursuivre dans la voie de l'agriculture productiviste telle qu'elle est
pratiquée depuis un quart de siècle sous la gouverne des industries
alimentaires.
Car ce mode de production est aujourd'hui en partie responsable de
l'érosion des sols, des changements climatiques, de la dégradation de la
qualité de l'air et de l'eau, de la disparition de milliers d'espèces de
plantes et d'animaux sauvages et domestiques. Dans nos assiettes, notre
alimentation, polluée par des pesticides et des engrais, compromet
l'avenir de nos enfants et affecte notre santé ( 76 produits toxiques
dans le sang des parlementaires européens ! ) .
Trente-cinq mille exploitations agricoles disparaissent encore chaque
année en France, soit une toutes les quinze minutes. Au-delà de nos
frontières, les lois du marché basées sur ce modèle d'agriculture ont
aussi contraint des millions de gens à abandonner leurs cultures
vivrières au profit des cultures occidentales affamant davantage des
populations déjà démunies" résume en quatrième de couverture de
"l'impasse alimentaire ?" le Comité de veille écologique et Karine Lou
Matignon ( "L'impasse alimentaire" Fayard – ISBN: 2-213-62084-9) …. Il
est inutile de citer ici tous les chiffres et toutes les pollutions
citées dans ce livre, mais il y a quand même un chiffre à retenir: les
27 milliards d'euros distribués aux grandes exploitations par l'Europe,
lesquels proviennent évidemment de vos impôts, correspondent exactement
au total des achats de pesticides et d'engrais…. simple transfert de
subvention!
On voudrait nous faire croire que les agriculteurs français sont plus
raisonnables, que la consommation d'engrais et de pesticides s'est
stabilisée depuis 1980. C'est oublier, que dans le même temps, le nombre
d'exploitations et le nombre d'exploitants ont diminué. La surface
agricole utile diminue également tous les ans du fait de l'urbanisation
et des équipements (actuellement moins de 30 millions d'ha). Mais le
comble, les jachères ont été multipliées par 5 (243 000 ha en 1988 à 1
227 000 ha en 2000). C'est la plus spectaculaire hausse de toutes les
cultures principales du pays (voir les chiffres des recensements
agricoles dans
http://www.agreste.agriculture.gouv.fr/
Autrement dit, la friche subventionnée est classée pour cette raison
dans les cultures principales du pays. Le calcul est simple et la
supercherie aussi: moins d'agriculteurs polluent autant sur une plus
petite surface. Les aliments sont ainsi plus que jamais concentrés en
pesticides et engrais chimiques de synthèse.
Comment peut-on encore soutenir politiquement une agriculture pétrolière
et chimique, endettée et assistée par les subventions européennes et
nationales, non créatrice d'emplois, qui participe au pillage et à la
misère du Tiers-Monde? un secteur qui réduit d'année en année sa
population active, alimentant le chômage des autres secteurs en
difficulté. Cela signifie une plus grande dépendance alimentaire de la
société vis-à-vis d'une minorité: 900 000 exploitants pour 60 millions
d'habitants ; dépendance qui ne peut que s'aggraver par restriction à
l'activité agricole et par restriction à l'accès à la terre. Les
agriculteurs, qui ont choisi la voie de l'agriculture industrielle,
qu'ils possèdent ou louent la terre, par agrandissement et accumulation
de terres, profitant de la disparition des petites exploitations,
excluent ainsi la possibilité à d'autres de vivre différemment de la
terre.
Comment expliquer ainsi la diminution constante du nombre des
agriculteurs et l'augmentation corrélative de la surface moyenne des
exploitations? Entre 1988 et 2000, les exploitations de moins de 75 ha
ont diminué de plus de la moitié alors que les exploitations agricoles
de plus de 75 ha ont augmenté de plus de la moitié. L'accès à la terre
pour ceux qui veulent une autre agriculture s'en trouve ainsi
verrouillée. Avec une installation pour trois départs en retraite,
comment peut-on croire en l'avenir d'une agriculture nourricière et plus
respectueuse de l'environnement?
Rappelons également qu'il ne reste plus que 10% des grands poissons dans
l'Atlantique Nord, par rapport au début du siècle dernier.
L'impasse monétaire:
C'est à notre avis le nœud gordien qu'il faudrait couper, c'est cette
impasse qui est la cause de toutes les autres impasses.
Le principe fondamental sur lequel repose notre système monétaire, est
que la monnaie est générée uniquement par l'endettement et non pas,
comme elle le devrait, par la production des richesses. En avril 2004,
la dette de l'Etat est de 998 Md€ (le seul paiement des intérêts de
cette dette de l'Etat - sans même parler de rembourser une partie du
capital - est le 2è poste budgétaire, avec plus de 10% des dépenses), la
dette des entreprises de 1114 Md€, la dette des particuliers de 612 Md€,
et le total est donc de 2724 Md€. A la même date, l'épargne représentait
737 Md€. La différence est de 1987 Md€ . Il est facile de conclure que
l'endettement collectif est moralement injustifié et mathématiquement
impossible à résorber: en effet, pour rembourser, c'est-à-dire alléger
la dette, il faut disposer de monnaie elle-même obtenue par un
endettement. L'opération serait neutre s'il ne fallait verser des
intérêts qui au final alourdissent la dette, mais du fait de l'intérêt,
dont la monnaie n'est jamais émise en même temps que le capital qui le
génère, vouloir résorber la dette par des économies est mathématiquement
sans espoir.
Pourquoi le gouvernement devrait-il payer un intérêt à un système
bancaire privé pour l'usage de sa propre monnaie, qu'il pourrait émettre
lui-même, sans intérêt?
La réponse - qui prouve bien l'énorme manipulation dont nous sommes tous
victimes - est dans l'article 104 du Traité de Maastricht qui stipule "
il est interdit à la BCE et aux Banques Centrales des Etats membres
d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions
ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux
autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux
autres organismes ou entreprises publiques des Etats membres...". Il
sera bientôt intégré, sans que personne ne s'y oppose, dans la future
constitution européenne défendue par nos grands esprits de droite comme
de gauche. S’il est adopté, l’Europe deviendra le seul et unique pays au
monde et dans l’histoire où l’indépendance absolue d’une Banque Centrale
aura été constitutionnalisée. L’article vaut d’être cité : " Ni la
BCE, ni un membre quelconque de ses organes de décision ne peuvent
solliciter ni accepter des instructions des institutions, organes ou
agences de l’Union, des gouvernements des Etats-membres ou de tout autre
organisme. Les institutions, organes ou agences de l’UE ainsi que les
gouvernements des Etats-membres s’engagent à respecter ce principe et à
ne pas chercher à influencer les membres des organes de décision de la
BCE dans l’accomplissement de leur mission ".
Thomas Edison écrivait déjà: "Il est absurde de dire que notre pays
peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en
monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l'un engraisse les
usuriers, et l'autre aiderait le peuple. Si l'argent émis par le
gouvernement n'était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas
bonnes non plus. C'est une situation terrible lorsque le gouvernement,
pour augmenter la richesse nationale, doit s'endetter et se soumettre à
payer des intérêts ruineux."
Les quatre impasses citées ont un dénominateur commun : le système
capitaliste
Ce système qui permet le transfert permanent des richesses des plus
pauvres vers les plus riches, des emprunteurs vers ceux qui disposent
des capacités préalables d'épargne.
Le coupable, c'est ce système où l'obsession du "toujours plus" de la
consommation prime chaque fois sur le "toujours mieux" pour la société,
ce système où l’avoir prime sur l’être, ce système de l'accumulation et
de la "satisfaction" des envies et jouissances immédiates au détriment
de la génération qui nous suit directement et du futur de la Terre.
Et puisque le dénominateur commun de ces impasses se trouve être le
système capitaliste, c'est celui ci qu'il faut changer. Ni avec des
rustines de ci de là, ni par un système marxiste ou communiste, mais par
le sociétalisme, et son système monétaire "l'écomonétarisme".
Il est encore temps de redresser la barre, mais il faut faire vite.
Oublier les prochaines échéances électorales et la démagogie qu'elles
imposent. Vous, les politiques, il va falloir prendre des décisions qui
ne seront pas souvent appréciées par vos électeurs. Vous, les électeurs,
vous, les citoyens, il va vous falloir voter courageusement pour les
voies nouvelles, malgré la remise en question profonde de toutes vos
certitudes en matière d'économie, malgré la crainte de l'inconnu que
pourrait vous inspirer une voix divergente dans le concert
ultra-libéral.
Nous, les sociétalistes (
http://www.societal.org/ ), nous
accusons le système ultra-libéral et capitaliste, ce système où la seule
valeur est la consommation, ce système où le toujours plus prime chaque
fois sur le toujours mieux, ce système où l’avoir prime sur l’être. Nous
avons démontré qu'il n'est nul besoin de capital pour produire, que la
quantité de monnaie doit suivre la production et être détruite lorsque
la production est consommée, qu'il n'y a aucune raison de l'épargner,
mais que la production doit être détaxée en fonction de son effet
sociétal, en termes de bienfait social et écologique.
Les progrès de la mécanisation nous permettent aujourd'hui de produire
tout ce dont nous avons besoin. Mais aujourd'hui, tout ce dont nous
avons besoin, ce n’est jamais assez … il nous faut en plus tout ce dont
nous n’avons pas besoin dans une spirale sans fin, et tant pis pour les
ressources non renouvelables, les conséquences du réchauffement et des
gaz à effet de serre, les pollutions des sols et des rivières,
l’épuisement du pétrole, la pauvreté absolue de plus d'un tiers de la
population terrestre. Et pourtant, comme dit le sage: "Le bonheur n'est
pas dans la possession maladive de tout ce qui existe. Le bonheur réside
dans la jouissance paisible du nécessaire". Ce sont les marchandises (ou
services) qui font la valeur de la monnaie. En produisant toutes les
marchandises, une Nation fait la valeur de la monnaie; il revient donc -
pour chaque Nation ou groupe de Nation - , à un organisme public de
créer la monnaie gratuite au nom de la collectivité.
La seule
application de ce dernier principe changerait la face du monde...
Diffusez ce texte , faites le circuler, il faut
que chacun sache!
Envoyez le à tous vos amis et connaissances, aux députés, aux ministres,
aux sénateurs, aux maires, aux conseils généraux et aux conseils
régionaux, sur toutes les listes de discussion, les forum et autres
sites. Spammez, utilisez les mêmes "armes" que les autres! Et tant mieux
s'ils le reçoivent plusieurs fois.
Et si ce texte ne vous plait pas, écrivez-en un autre ou inspirez-vous
de celui-ci... Cela n'a aucune importance, le principal est de "faire
savoir" par tous les moyens.
(Texte écrit par A-J Holbecq, économiste, auteur de "Un regard citoyen
sur l'économie", Éditions Yves Michel - ISBN:2 913492 11 8 et par des
membres du GRESSO" - Groupe de Recherches Économiques pour un Système
SOciétal ).
La dernière version pdf mise à jour se trouve sur :
http://www.societal.org/Vousnepourrezpasdire.pdf
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