Recueillement…
 
Les ombres de la nuit dessinent avec zèle
Une sombre arabesque au tracé dense, impur,
Qui s’étire déjà sur l’azur comme une aile !
Surgissant tel un bec d’un beau plumage obscur,
Joyeusement paraît la lune renaissante,
Exhibant son sourire un peu comme un bonjour ;
Et le noir indigo dès lors se diamante.
Les lambeaux du linceul de ce que fut le jour
S’estompent sans retard mais lacèrent encore
L’horizon qui s’éteint perdant, décoratif,
Ce fin lacet de sang qui finement se dore
Au déclin du soleil qui part en fugitif.
 
C’est l’instant où mon cœur, empreint de nostalgie,
Epanche ses regrets entremêlés d’espoir ;
Mais c’est l’heure où mon âme alors se réfugie
Dans la paix que pourvoit la prière du soir.
 
 
© Johanne Hauber-Bieth (12 février 1999)
Extrait de “ EN TOUS SENS” – 1999 (épuisé)