A bras le coeur !

(Terza-Rima)
 
à bras le cœur je prends ce que la vie ordonne
De l’aube au crépuscule, acceptant ses propos,
Même quand tout espoir quelquefois m’abandonne ;
 
Il est vrai que son train n’est pas de tout repos
Dans ce monde actuel dont la folie éprouve,
Mais pour mieux l’affronter je suis toujours dispos !
 
Qu’elle ait tort ou raison, tantôt je la réprouve
Lorsque sa dure loi néglige mon effort,
Alors que du succès si près je me retrouve ;
 
Néanmoins dans ses yeux, cherchant du réconfort,
Je peux lire : "Vas-y ! L’important c’est de vivre"
Et, pour encor me battre, elle me rend plus fort.
 
Dans les moments de doute où j’ai peine à la suivre
Je revois ses bonheurs : ils relancent mon pas,
Car leur doux souvenir de mes peurs me délivre.
 
Grâce à ce chant serein, vous me croirez ou pas,
Je peux, sans désespoir, avec tout mon courage,
Supporter ses tourments, et ce jusqu’au trépas.
 
Comment ne pas aimer sa douceur ou sa rage,
Sentir vibrer sa flamme est pour moi plus qu’un don.
Si parfois il m’arrive, aux gifles d’un orage,
D’avoir le cœur amer… j’en demande pardon.
 
 
© Johanne Hauber-Bieth (5 avril 2001)
Extrait du recueil “ A bras le cœur ! ” - 2002
Prix de la Pléiade 2001(Prix de l’Edition)