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Une
simple histoire
par Alain Guillon

Polices de
caractères employées :
Amerigo
BT et Monotype
Corsiva
(à télécharger et installer dans votre fichier
C:/Windows/Fonts)
Ils sont venus
au monde à quelques minutes d’intervalle, au lever du
jour dans la même maternité, dans une petite ville de
France.
Elle,
Céline, déjà noiraude avec des cheveux couleur de jais,
criant vigoureusement à la première goulée d’air.
Lui,
Jean, le teint pale, pas de cheveux, laissant passer quelques
secondes avant son premier vagissement.
Les
mamans sont voisines, elles ont suivi ensemble les cours de préparation
à l’accouchement.
Après
la maternité, ce sera la promenade chacun dans la poussette
guidée par la maman, peut être les premiers échanges dans la
langue de bébé que l’on oublie avec les premiers mots.
L’école
maternelle arrive, pour tous les deux le même jour de déchirance
quand ils voient repartir les mamans. Alors la plus part du
temps ils jouent, rient et pleurent ensemble.
Ils
grandissent, inséparables, plus que frère et soeur car la séparation
quotidienne fait que rendre plus agréable la réunion du
lendemain.
Céline,
petite fille brune, yeux et cheveux noir, espiègle regard
coquin toujours prête à sourire mais si vive, coléreuse
parfois, Jean presque blond, plus rondouillard, toujours calme,
cédant presque toujours aux désirs de Céline.
Et
le temps s’écoule, la pré adolescence arrive et ils
vont toujours aussi complices, pas une histoire ou ils ne sont
pas tous les deux, ils participent ensemble ou ils ne
participent pas à toutes ces choses qui font le monde de tous
les enfants.
Ils
se suivent, même classe en primaire, même lycée, même sixième,
ils s’aident mutuellement la ou l’un peine l’autre vient
compenser et vice versa.
C’est
quand ils vont arriver à l’adolescence, quelques temps avant
leurs 16 ans que la catastrophe survient. Le père de Céline
est nommé à l’étranger, c’est la séparation.
Que
se dirent ils ce soir la, le dernier soir réunis sur la
terrasse jusqu'à tard dans la nuit, les parents n’osant
rompre leur tête-à-tête. Chacun rentra enfin chez lui et ce
n’est pas être devin de dire que beaucoup de larmes coulèrent
sur les oreillers ce soir là.
Puis
ce fut l’écoulement des jours et des années, la vie tout
simplement avec ses impératifs, Céline et Jean échangèrent
des lettres, puis des voeux d'anniversaire, puis des voeux de
nouvel-an, puis... plus rien.
Ils
bâtirent leur vie, se marièrent, eurent des enfants, des
petits enfants et finalement se retrouvèrent seuls, âgés,
des troisièmes ages dit on là, des aînés dit on ici mais
c'est la même chose.
Puis
un jour ils répondirent à une invitation de leur ancien lycée
….
Elle, menue, les yeux toujours aussi noir et malicieux mais les
cheveux plus clairs, lui, plus enrobé, le front dégarni
toujours un peu dans la lune. Ils ne se quittèrent pas de la
soirée, ils se rendirent vite compte que ce ne serait pas
suffisant pour tout se raconter.
Ils
partirent se tenant par la main et finiront désormais leur vie
comme ils l’avaient commencée, en complices.
Voyez-vous
les vieux coeurs peuvent être usés mais il y a toujours une
petite partie qui ne vieillit pas, et il arrive quelques fois
que dans le jardin secret que nous avons tous au fond de
notre coeur naît un nouveau printemps.
Alain
Guillon

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