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Quand
tu reviendras


Quand
tu reviendras, je ne te regarderais pas, j’attendrais le son
de ta voix brisant le silence puis le bruit feutré de tes pas
s’approchant de mon endroit.
Je
guetterais tes arrêts, tes hésitations, je m’imprégnerais
de cet état pour profiter de cette souffrance plaisir
qui me vient de toi.
Quand
tu reviendras, j’aimerais que tu prolonges l’attente, le
moment où nos deux âmes se réuniront enfin. J’aimerais,
oui, j’aimerais que tu viennes en silence, que tu
t’avances dans mon décor, que tu t’immisces dans ma
folie….
Je
ne me lèverais pas, je resterais tendu, le cœur en ébullition,
assis sur le siège comme recroquevillé en attendant la libération.
Quand
tu reviendras, un seul geste de ta main donnera le départ,
l’envol pour cette destination qui n’a plus de nom.
Je
devinerais ton cœur qui s’accélère puis ce long frisson
qui parcourt ta peau. J’envisagerais de me retourner mais tu
m’en empêcheras d’un souffle, d’un murmure.
Quand
tu reviendras, tu poseras tes mains sur mes épaules puis tu
te rapprocheras entrant dans mes vibrations. Je saurais avec
précision le moment où ton corps frôlera le mien, je
saurais que ton amour est intact, sans égratignure, pur et
puissant.
Je
saurais déjà quand tu me feras oublier qu’a un moment,
j’ai été de trop…
Quand
tu reviendras, je retrouverais l’envie, celle qui illumine
la vie, celle qui fait oublier la mort et le malheur.
Je
ne parlerais pas de ton passé, j’oublierais que nous
n’avons pas toujours regardé le même ciel. Je ne me
rappellerais que de ces détails qui nous appartiennent, une
broche donnée par amour, un mot que tu n’as pas perdu, une
pensée que nous avons partagée à un moment précis.
Je
sortirais de ma prison dorée, pour toi, seulement pour toi !
Il
n’y aura pas de larmes, juste des battements de cœur inégaux,
des emportements. Il n’y aura que cette joie enfouie en nous
mais prête à se mélanger, à exploser, à exister.
Quand
tu reviendras, ma danseuse, j’espère te voir bouger devant
moi comme un astre qui renaît de la force des sentiments à
jamais ancré.
Tu
me prouveras que nous ne nous sommes pas trompés, que tout ce
temps, ces coups aux cœurs n’ont pas été vain.
Par
ta présence, tu feras taire les mauvais démons qui ne prônent
que l’échec et la glissade.
Les
liens tissés patiemment ne se défont que dans la douleur, il
est vrai mais les nôtres sont si particuliers qu’ils en
deviennent indestructibles.
J’aurais
toujours été là pour toi, où que tu sois, sur tous les
chemins de ta vie et ce jour là, je serais encore là à
t’accueillir les bras écartés pour te protéger, ma précieuse.
Quand
tu reviendras, demain ou tout à l’heure. Quand tu
reviendras, je serais là….
Abbas

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