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L'histoire de L'histoire d'un rêve réalisé... |
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Montréal, un jour d'été 1990 La ligne de vêtements Noisette et Chocolat, et par la suite, les boutiques du même nom, est née par hasard alors que j'étais au chômage et créais de petits «bouboules» (photo) pour mes amis qui avaient des bébés. Depuis l'âge de cinq ans, je tricotais, cousais, crochetais, tissais, brodais... Un jour, quand j'étais petite, j'avais rêvé de pouvoir un jour vivre de mes créations... La boutique Baobab, sur la rue Duluth près de St-Denis à Montréal, était alors à vendre depuis un an, je passais devant souvent puisque j'habitais à côté, mais je ne voulais pas m'embarquer dans l'aventure de l'entrepreneurship. J'ai seulement mis en vente quelques bouboules dans cette boutique. Avec le succès qu'ils ont eus et les encouragements de mon entourage, je me suis finalement lancée, en septembre 1990 et 4000 $ prêtés par ma mère, dans cette belle aventure qui prit très vite une ampleur que je n'aurais jamais imaginée ! Le truc ? La confection sur place me permettait de répondre à des demandes de clients dans les 2 jours, lorsqu'il manquait une taille ou une couleur désirée... Je fabriquais sur place ! Le rêve d'enfant s'était réalisé ! |
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Débarquant dans le domaine - j'avais travaillé dans le domaine médical puis dans le journalisme -, j'ai dû vite tout apprendre : la création industrielle (je créais de façon artisanale au début), la vente et l'administration d'une entreprise. J'ai eu la chance de rencontrer une personne qui m'a montré la production industrielle et qui m'a aidée beaucoup, Louise de Rosemont, qui fut aussi ma première couturière. Noisette et Chocolat a été rentable dès son ouverture et a grandi très vite. La production a commencé dans l'arrière-boutique de la rue Duluth, puis des couturières indépendantes sont venues s'ajouter, ainsi qu'une vendeuse, puis deux... Spécialisée dans les tailles 0-6 ans, j'ai dû monter jusqu'à la taille 12 ans, pour certains modèles, suite à la demande des clients. |
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Aussi, des clients venaient me voir pour que je crée des modèles de vêtements spécialisés, notamment pour le plein-air, car ils n'en trouvaient pas dans les autres magasins pour enfants. C'est ainsi que j'ai créé des lignes de vêtements qu'on ne trouvait pas ailleurs ! Finalement, j'achetais, pour mes boutiques, des vêtements complémentaires. Les représentants de certaines lignes me demandaient, chaque fois qu'ils venaient me voir, quand est-ce qu'ils pourraient représenter Noisette et Chocolat car ils adoraient ce que je faisais et étaient sûrs de son succès dans la vente en gros. Je me suis alors informée pour savoir comment fonctionne ce monde de la production en gros et j'ai laissé tomber tout de suite : une année d'avance pour commander les tissus, sans compter les investissements énormes et la place nécessaire à l'entreposage. Je n'avais pas les moyens ni l'espace pour ça mais, surtout, j'aimais créer au fur et à mesure de mes trouvailles de tissus chez les «jobbers» chez qui j'allais régulièrement. Plusieurs d'entres eux - mes principaux - étaient juifs et j'ai eu beaucoup de plaisir à marchander avec eux. Je finissais toujours par avoir des prix qui me convenaient et nous terminions toujours nos négociations avec le sourire. |
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Tous les 2-3 mois, je publiais un petit bulletin autofinancé par des fournisseurs, entièrement créé et édité par moi-même. Il parlait des collections à venir, des soins à apporter aux vêtements, etc. C'était mon seul outil marketing avec mes cartes d'affaires, déposées dans tous les restaurants et magasins où je passais. Distribué aux clients et dans les garderies du quartier, le petit bulletin et mes cartes d'affaires m'apportaintt bien plus de clientèle que n'importe quelle autre pub (j'en ai fait l'expérience !) Par ailleurs, des photographes de mode venaient parfois m'emprunter des vêtements pour faire des photos - ex : l'Essentiel - ou habiller des bébés dans des films, notamment pour la série "Chambres en ville". A côté de mon «travail», qui était plus un plaisir qu'autre chose, j'ai dépensé plusieurs milliers de $ en thérapies et formations en croissance personnelle, énergétique, etc. Je n'ai alors jamais manqué de temps ni d'argent... jusqu'en 1994. |
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Ste-Adèle et St-Jovite
(Laurentides) Décembre 1993, j'ouvre une deuxième boutique à Ste-Adèle sur les conseils de mon conjoint d'alors (premier conseil que je n'aurais pas dû suivre), laquelle déménage dans un plus grand local en juillet 1994, toujours au village, où la manufacture prend place en arrière. Gao Design Inc., l'entreprise manufacturière produisant la ligne Noisette et Chocolat, est née en décembre 1994. Son but : vendre en gros (ce que je n'ai finalement presque pas fait). Des employés et contractuels sont engagés : patroniste, couturières, vendeuses... En tout, plus d'une douzaine de personnes réparties entre Montréal et Ste-Adèle puis, plus tard, St-Jovite. Une belle équipe avec qui j'ai eu beaucoup de plaisir. |
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Seule propriétaire, designer, directrice artistique, responsable des ressources humaines, des achats, de l'administration, des communications et du marketing, je courre entre Montréal (où j'avais une gérante merveilleuse !), Ste-Adèle (la manufacture et boutique) et St-Jovite (la boutique), sans compter les achats à Montréal et les couturières à la maison à Montréal et Ste-Adèle. La santé en prend un coup mais, surtout, je m'oublie... Je n'ai plus de temps pour moi et l'argent ne rentre plus en quantité suffisante... Trop prise par ce tourbillon de choses à faire, je ne suis plus mon intuition, celle qui m'a permise de toujours prospérer : j'ai engagé de mauvais employés, j'ai écouté et mis en place de mauvais conseils, etc... |
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Dès le début de la boutique-manufacture de Ste-Adèle, celle-ci bouffe les profits de la boutique de Montréal et les sous commencent à se faire rare. Deux conseillères financières entrent dans le décor et me promettent mer et monde si j'arrive à trouver un financement de 40 000 $, que je trouve dans ma famille. Je réinvestis, croyant en leurs promesses qui n'ont jamais été honorées : le monde de la «guenille» n'est pas solvable pour les banques, surtout pas à la grandeur de ma compagnie, même si j'avais de bons résultats avec la boutique de Montréal. Épilogue... Crise de croissance manquée et faillite en mars 1996. N'eût été de ces conseillères financières véreuses (j'ai appris plus tard qu'une des deux étaient alcoolique), je serais encore en affaires aujourd'hui car c'est le métier que j'ai le plus aimé de toute ma carrière professionnelle. Un beau rêve venait de s'éteindre... mais pas de regrets car j'ai eu l'occasion de vivre, durant ces six ans, une expérience extraordinaire où j'ai rencontré des gens merveilleux, que ce soit mes employés, mes clients ou mes fournisseurs, et où j'ai appris énormément sur la vie. Un grand MERCI à toutes les personnes qui m'ont permises de réaliser ce beau rêve ! |
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Pour en savoir
plus,
lisez des extraits de la revue de presse :
(Patientez pendant le téléchargement des articles !)
Journal de Montréal,
cahier Mode, 6 août 1991
L'Essentiel,
décembre 1994, L'Écho du Nord,
13 mars 1996
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