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Les
constellations familiales, no 6 Par Christiane Perreau L’exemple qui suit est issu de la pratique et retrace les grandes étapes d’une constellation du système d’origine. Les noms ont été changés afin de protéger l’intimité des personnes ayant vécu ces expériences. |
Peinture de Francine Babot |
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ANITA : j’ai peur de la maladie et cela m’empêche de vivre sereinement. CP : es tu malade actuellement ? ANITA : non d ailleurs je ne suis jamais malade mais la maladie me fait peur et je ne sais pas pourquoi. CP : as tu déjà été malade, dans ton enfance par exemple ? ANITA après un silence : ah oui j ‘ai été très malade enfant je ne sais pas ce que j ‘ai eu mais j ‘ai été 3 semaines à l'hôpital, entre la vie et la mort. J’avais oublié. Je devais avoir 5/6 ans. Je crois même que j’étais dans un semi coma. CP : qui a été malade dans ta famille ? ANITA : ma grand mère maternelle était gravement malade et elle est morte jeune et je ne l’ai pas connue. Ma mère avait une dizaine d’années quand sa mère est morte. CP : y a-t-il d’autres événements du côté maternel à signaler ? ANITA : non CP : et du côté de ton père ? ANITA : je ne vois rien de particulier pour le moment. CP : qu ‘est ce ça changerait pour toi si nous trouvions une solution. ANITA après un temps de réflexion : je me sentirais plus légère ; cela m'ôterait un poids. CP : je te propose de prendre quelqu’un pour toi, ta mère et ta grand mère et puis tu les place dans l’espace en leur donnant une direction. Recentre toi, laisse venir l’impression qui est là et tu fais. ANITA choisit des représentantes et les place : sa mère et sa grand mère sont dans des directions opposées, se tournant le dos, très éloignées l’une de l’autre, regardant vers l’extérieur. ANITA a mis sa représentante loin de ces deux femmes, comme s’il n’ y avait pas de lien. CP aux représentantes : prenez le temps de ressentir simplement en étant ici, dans cette place ; observez ce qui vient comme sensations, émotions, impressions, mouvements. Et puis CP demande aux représentantes ce qu’elles éprouvent. La grand-mère se sent loin comme pas concernée. La mère n’a pas de contact avec sa propre mère, comme étrangère. CP retourne la grand mère afin qu’elle puisse voir sa petite fille et aller vers elle. La même chose est faite pour la mère qui se dirige spontanément vers sa fille. La grand-mère se met à se tasser sur elle-même ; elle ressent une grande douleur ; ses genoux, son dos, sa tête se replient et elle ne peut regarder ni sa fille ni sa petite fille. Elle dit être attirée par le sol et c’est très éprouvant. CP fait faire un pas de côté à la représentante de la grand-mère afin que son vécu soit supportable. CP aux représentants : je vais vous proposer des phrases à dire et vous allez vérifier si ces phrases sont correctes pour vous et passent bien. Si un mot, une formule ne résonnent pas bien en vous, surtout dites le. Et prenez bien le temps de ressentir. CP propose à la mère de regarder la grand-mère et de lui dire : «Chère maman, tu es partie beaucoup trop tôt. C’était dur pour moi, tu m’as tant manqué».
À ces mots la grand-mère s’apaise un peu et
se redresse insensiblement. CP demande à la petite fille de prononcer cette phrase : «j’aurais tant aimé te connaître». La grand-mère se déplie encore et dit qu’elle peut maintenant voir sa fille et sa petite fille. Elle se sent désolée. Elle voudrait demander pardon à sa fille. CP invite la grand mère à dire à sa fille : «Je n’ai pas pu faire autrement ; je ne pouvais être disponible». Soulagement de la fille qui acquiesce, qui comprend. La petite fille est également soulagée. La grand mère dit que la lourdeur se dégage mais il reste des tensions au niveau des épaules et de la nuque. CP demande à la fille de dire à sa mère, en lui recommandant de voir si c’est juste : «Je suis ton enfant et je te prends comme mère. Tu m’as donné la vie et c’est déjà beaucoup. Pour le reste je vais faire par moi-même». La grand-mère se détend alors de plus en plus et son sourire s’élargit. CP propose alors à la petite fille de dire à sa grand-mère : «Je suis ta petite fille et je te laisse ton histoire, ta souffrance mais tu restes ma grand mère». La grand mère manifeste son accord. CP propose invite la petite fille à dire à sa grand mère : «Sois bienveillante avec moi si je vais ma santé et mon bonheur. Je le fais avec toi dans mon coeur, et en ton honneur». La grand mère devient rayonnante et le poids qui restait dans le haut du corps se dissipe. Elle est apaisée. CP invite ANITA à venir prendre sa place et remercie la représentante qui va s'asseoir. ANITA regarde intensément sa mère et sa grand mère. Elle est troublée et a envie d’aller vers la grand-mère qui l’attend . CP lui dit : «Suis ton mouvement tranquillement». CP met la mère à côté de la grand mère et elles se serrent l’une contre l’autre. ANITA fait un pas vers sa grand mère, puis un autre doucement ; la grand mère ouvre les bras et ANITA va s’y blottir tout en pleurant. CP à ANITA : «Profite de ce mouvement et prends la vie qui vient par l’intermédiaire de ces femmes. Tu as tout ton temps». Cela dure plusieurs minutes. Quand ANITA se dégage, elle se sent nourrie par le lien qui l’unit désormais à sa grand-mère et lui sourit. CP l’invite à dire à sa mère : «Chère Maman, je comprends que tu n’as pas pu faire autrement. Tu es ma mère et je suis ton enfant. Je n’ai plus besoin de lutter pour vivre et être forte, avec toi et grand-mère dans mon coeur». Pour terminer, CP lui propose de s’incliner devant chacune de ces femmes, non pas comme une soumission mais pour reconnaître ces femmes et ancrer le lien à la Vie à travers sa lignée maternelle. ANITA s’incline alors avec beaucoup de respect. Quand elle a terminé elle dit que ce geste est juste. CP propose alors de mettre fin à la constellation sur cette solution ce qu’ANITA accepte. La mère et la grand-mère se sentent bien aussi avec cette solution. CP remercie les participants. ANITA remercie également chaque personne et dit qu’elle se sent libérée. Cette constellation étant
faite dans le cadre d’un stage de La Voie Directe animé par Claude
Portais, celui-ci propose à ANITA de recueillir toutes les impressions
de cette création, de l’histoire de ces femmes dans l’espace et le temps
et tout ce qui est ICI. Quand ANITA a terminé, elle le signale puis
Claude lui propose, sous sa direction, de faire la procédure empathique
de dé-création.
© 1999-2004, Dominique Jeanneret et Iridis, tous droits de reproduction réservés
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