Les constellations familiales, no.31
Partages et réponses


Par Christiane Perreau
 

 

  "... La vie sur Terre aurait donc une origine unique, dans le temps et dans
l'espace ; ce qui veut dire, que tous les êtres vivants sans exception qui
existent ou ont existé sont parents et tous tes cousins.
L'histoire de la vie peut se raconter comme celle d'un immense arbre
généalogique né d'une population première d'êtres unicellulaires un
jour d'il y a 4 milliards d'années, entre quelques feuillets d'argile au
fond d'un des marécages de la Terre. Les herbes, les mouches, les piafs et
les crevettes, mais aussi les dinosaures et les Australopithèques sont de
notre famille ; seuls les degrés de parenté qui nous lient diffèrent. ..."
Le Genou de Lucy" d'Yves Coppens.

 

Bonjour,

Voici un bulletin consacré aux partages avec des réponses.  Je remercie encore les personnes qui ont donné de leur temps, de leur attention pour que ce bulletin soit vivant. Je reviendrai dans les prochains bulletins sur les relations de couple et les raisons de leurs échecs sur un plan systémique.

Je tiens à rappeler que les constellations systémiques et familiales ne sont pas là pour condamner qui que ce soit ; un des buts de ce travail est d’intégrer les personnes qui ont été exclues suite à des événements douloureux (morts, suicides, séparations, maladies physiques ou mentale, abandons, viols, etc). Il s’agit de comprendre, c’est à dire prendre avec soi ce qui semblait inacceptable comme avoir été abandonné, maltraité, séparé, exclu, déshérité, malade. Il s’agit de comprendre que chacun est intriqué et qu’il se trouve alors limité voire prisonnier dans ses actions et comportements. Une nièce identifiée à sa tante morte à 23 ans d’ un cancer, un homme revenu de la guerre alors que ses compagnons sont morts auront du mal à être disponible pour leur partenaire et leurs enfants. Ils souhaiteraient faire mieux mais ils ne le peuvent pas. Des forces invisibles les en empêchent. Nous sommes des Êtres, et l’Être est fondamentalement bon en Essence.
Mais nous avons des traumatismes qui nous causent de la souffrance, nous rendant réactifs et résistants.  Et comprendre que l’autre est en souffrance permet de relativiser et de consentir à ce qui est.


Une constellation nous montre une direction nouvelle ; parfois elle invite même à un changement radical de point de vue, de croyance qui demandera du temps pour être intégré dans nos contenus de conscience. Par ailleurs, trop d’attente ou une attente bien particulière fera obstacle à l’intégration de la solution. Les potentialités nouvelles ne pourront être assimilées, la personne restant “coincée” dans son point de vue et observera ce qui se montre –les solutions possibles- sans changer de grille de lecture. Il se peut que ce soit trop prématuré pour elle.

La constellation ne prend pas en compte les comportements et ne travaille pas directement sur ces derniers. Certaines blessures profondes auront besoin d’approches complémentaires pour que les douleurs vécues puissent être exprimées et soulagées.

Bien amicalement à vous.
Christiane

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S’incliner

L’acte de s’incliner est indépendant de ce que peut en dire la personne en face de soi.
En thérapie familiale, la solution ne dépend pas des autres.
Nul n’a besoin de changer et nul n’a besoin de faire des excuses.
Chacun peut faire ce qu’il convient de faire,
par exemple, s’incliner devant les parents, quelle que soit la façon dont c’est accueilli.
C’est dans l’accomplissement de l’acte individuel que repose la solution
.
Bert Hellinger
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Des partages


Partage de Brigitte – 31 concernant les premiers partenaires

D'abord,un grand merci pour ces magnifiques bulletins qui m'apportent beaucoup de compréhension.Dans ce cycle de donner-recevoir,je me sens redevable.
J'ai fait, il y a quelques mois, avec toi, une constellation et je n'ai pas donné de nouvelles.Me voici donc.

Lors de ce week-end j'ai pris vraiment conscience que les problèmes de la famille étaient finalement plus liés à la lignée maternelle, très fermée à l'homme,et dans une dynamique
catholique de homme=sexe=péché=mal(e).Ceci étant une grande surprise(d'orienter plus le regard côté maternel).Je vivais jusque-là dans une vision du couple de mes parents:père
bourreau méchant et mère victime innocente.

La constellation a été très éclairante dans ce sens. Cela m'a permis de lâcher un peu plus mes griefs contre mon père(et mon compagnon, bon représentant du mauvais masculin bien sûr...)et je me sens un peu  plus libre.J'ai encore pas mal de choses à travailler mais je vois mieux comment la constellation peut m'aider.
 
Une question par rapport au dernier bulletin:tu parles de l'influence du premier amour.Faut-il qu'il y ait eu relation sexuelle? J'ai vécu un premier amour platonique(certainement réciproque)qui ne c'est jamais dit ni vécu pendant plusieurs années d'enfance(9 à 17 ans)avec un jeune homme nommé Bernard(comme par hasard le nom de mon premier frère mort-je suis la quatrième).

Cela est t-il à prendre en compte tel que tu en parles?
Merci encore pour ce travail que tu nous offres.



Réponse de Christiane

Merci pour ton témoignage et tes appréciations.

Concernant les premiers partenaires, il est évident que la relation sexuelle lie 2 partenaires mais des liens puissants peuvent exister avec des amours de jeunesse. Il y a alors des signes particuliers dans la constellation qui mettent en évidence cet amour platonique mais attachant où se montre beaucoup de fraîcheur, d'innocence, de pureté. Et ce lien peut entraver une relation actuelle ; le cycle peut ne pas être clos chez les 2 partenaires ou l’un des deux. En effet, la constellation montre parfois que l’un était beaucoup plus épris que l’autre, que l’un est resté dans l’enchantement de cette relation.

La bonne santé de nos relations actuelles dépend de la bonne santé de nos relations passées ; et pour cela les premiers partenaires doivent retrouver leur place en sein de notre clan et être honorés.

En ce qui te concerne, cet amour a duré longtemps et vu les résonances avec ton frère, il se peut qu il y ait une dynamique à clarifier ; la constellation pourrait te permettre de mieux conscientiser ce qui est encore actuel dans cette histoire.
  
Il serait
aussi important de savoir si ton premier frère a bien sa place d’aîné dans ta fratrie et pour tes parents. Comment est mort ce premier frère, à quel âge et comment tes parents ont-ils vécu ce deuil. Lorsqu’un enfant meurt jeune dans une famille, les parents refoulent souvent une partie du chagrin et ainsi, l’enfant mort ne sent-ils pas assez reconnu.

Par ailleurs, les frères et soeurs sont souvent confrontés à une double perte :
 

  • celle de leur frère ou de leur soeur.
  • celle d’une certaine relation avec leurs parents dont l’attention va être accaparée par la douleur et le processus de deuil. C’est un peu comme si une partie des parents disparaissait avec l’enfant.
     
De plus, certains enfants vont aller jusqu’à imaginer qu’ils seraient plus aimés morts que vivants.
 




Partage d’Hélène de Québec concernant les premiers partenaires

Les propos sur les premiers partenaires m'ont fait réfléchir. Je ne m'étais jamais attardée à cette réalité. En relisant le bulletin au moment de vous écrire, certaines «idées» sont montées en moi. J'ai repensé à mon «premier amour» à 17 ans, au sortir du pensionnat. Cet amour n'a pas duré longtemps, quelques mois à peine. Mon père voulant agir «pour mon bien» a fait enquête sur cet homme et a découvert qu'il avait fait quelques mois de prison pour un vol mineur.  J'ai continué à le revoir quelques fois car il s'amenait dans un endroit de loisirs que je fréquentais. Mais j'ai mis fin à cette relation selon la volonté de mon père. J'ignore jusqu'où et en quoi cela peut ou a pu avoir des incidences par la suite. Plus de 25 ans plus tard, j'ai eu un ami qui s'est retrouvé un mois en prison pour conduite en état d'ébriété. Comme il s'est immédiatement remis à boire en sortant de prison, je l'ai laissé. J'ai présentement un neveu qui est en attente de procès (il n'est pas incarcéré) depuis quelques années, étant indirectement lié à quelqu'un qui est accusé de meurtre. Cette situation est très pénible pour sa mère, son père (mon demi-frère) et sa soeur. Je ne sais s'il y a une intrication entre moi et ces personnes??? Pourquoi cela monte-t-il en moi au moment où je relis le bulletin?

Réponse de Christiane

Il se pourrait que l’expérience amoureuse dont vous parlez ait laissé des traces pour les expériences qui ont suivi ; je vous rappelle qu’une constellation  permet de mieux voir ce qu’il en est de ces cycles non clos et de l’intrication. Toutefois si cela remonte à votre conscience, je vous invite à identifier quelles pourraient être les émotions qui sont alors présentes. Identifier ces émotions, les revivre permettrait d’alléger la dynamique qui se montre.

Le fait que votre père se soit opposé à cette relation n’est pas anodin ; en effet, même pour votre bien, un parent qui fait obstacle à une relation amoureuse de ses enfants blesse cet enfant.

Nous voyons souvent que l’enfant n’a pas compris les raisons de cette intervention et qu’il reste de la colère, de la rancune vis à vis du parent qui a pris cette décision et aussi vis à vis du parent dont il aurait pu attendre un soutien. Une fille attend le soutien et la compréhension de sa mère dans ce genre de situation. Elle est sensée trouver la solidarité, la complicité de la gente féminine.   
 
Les premiers partenaires, les ex font partie de notre système actuel et cela indépendamment de leurs qualités, comportements, actes. Or il n’est pas rare de voir que, suite à des séparations, nous aimerions évincer, ignorer l’autre. Cela ne nous rend pas plus libres, bien au contraire.

Il serait aussi intéressant de savoir si, dans les générations au-dessus, quelqu’un a été empêché dans une relation sentimentale, si quelqu’un pour des raisons d’alcool ou de délinquance a été rejeté, voire si quelqu’un a commis un méfait.



Partage d’ Hélène de Québec relatif au prendre et donner

Ce qui m'a aussi beaucoup aidée à comprendre ces mouvements relationnels, ce sont les explications de Jacques Salomé que j'ai dû intégrer puisque je les explique dans les ateliers que je donne sur la Méthode ESPERE. Il associe le recevoir(prendre) avec le donner, et le demander avec le refuser. Ces quatre fonctions devraient être vécues chacune à 25% dans nos vies. Comme nous sommes dit-il, «Des handicapés du recevoir», les déséquilibres, avec tout ce qu'ils entraînent s'expliquent facilement.Il les lie aussi avec les fonctions père-mère, papa-maman, (d'où originent nos modèles relationnels),ce que je trouve fort intéressant et pertinent. Ce qui donne:
 
papa-maman: donner-recevoir
père-mère: refuser-demander.

Dis comme ça, ça peut ne pas signifier grand  chose pour les personnes qui ne sont pas familières avec les écrits de Jacques, mais pour ceux et celles qui seraient intrigués, le livre Pour ne plus vivre sur la Planète TAIRE aux pages 83 à 89 explique très bien ses notions.
 
Ses propos sur la différence entre besoins et désirs m'ont aussi beaucoup aidée (après plusieurs années je l'avoue) à enfin com-prendre que les autres ne sont ni là pour, ni responsables de combler  mes désirs. Dans ce même livre p. 179 il nous rappelle que:  «Le propre d'un désir c'est surtout d'être entendu».

Réponse de Christiane

Merci de ces informations complémentaires qui ne peuvent qu’enrichir les points de vue de chacun.

 


 

 

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