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L’homme est un être de
confins et d’absolu.
De rêves et de vision.
Sans cet “excès”, il ne peut rien
Et reste cloué au sol.
Adolphe Gesché
Le mot sanskrit mandala signifie “cercle”. C’est une image organisée
autour d’un centre. Un mandala individuel permet une représentation de
la réalité inconsciente. Il permet de rendre visible ce qui est
invisible, d’accéder à l’inaccessible. Tout comme une constellation le
fait. Beaucoup de nos comportements, actes, pensées, croyances sont
conditionnés par des programmes intérieurs inconscients, des images
agissantes mais impalpables. Or, une image intérieure rendue visible
est parfois beaucoup plus parlante que de longs discours.
Au départ le mandala va préparer le travail à venir. Le mandala est une
feuille blanche qui représente l’Espace, le
Sans-Forme, le Non-Né, la Conscience sans contenu. Et puis, c’est un peu
comme un écran de cinéma sur lequel la personne va projeter les
personnes qui font partie de sa famille, en leur donnant une
forme, de la masse (sans chercher à concrétiser la taille
réelle de la personne ; c’est ce qui est perçu de la personne qui est
significatif), une place, une orientation. Tout est ici : passé,
présent, futur.
Ainsi, le mandala, espace de sécurité va accueillir les contenus de
conscience de la personne qui le construit. Il n’y a pas besoin de
réfléchir mais plutôt d’écouter ce qui est présent en soi, de laisser
les mains être guidées par l’intuition ou la part de nous qui sait.
Comme lorsque nous plaçons une personne dans une constellation.
Ce qui était caché se montre. Le mandala donne un aperçu global
et rapide de la famille. En extériorisant ses contenus de conscience,
la personne commence à prendre du recul, de la distance. Elle peut
observer cette mise en place comme un scientifique observe le
déroulement d’une expérience, avec intérêt mais conscient que cette
création n’est pas lui. Le processus de désidentification s’initie.
Ainsi quelqu’un réalise qu’il s’est placé à l’extérieur du cercle avec
sa petite fille. La suite du travail montrera que cette personne se vit
comme exclue de sa famille, comme n’appartenant pas au cercle de famille.
Par ailleurs, elle oublie un enfant avorté dont elle n’a pu vivre
pleinement le deuil.
Une autre personne fait un père immense qui occupe le centre et fait le
vide autour de lui.... Difficile de s’approcher de cet homme. Plus tard
nous apprendrons qu’il a commis des violences vis à vis de sa fille.
Une autre personne a besoin de mettre des morts, beaucoup de morts.
D’une voix triste, elle dit : il y a beaucoup de morts. Je
ne sais pas pourquoi mais ils sont tous là. Et elle en place
beaucoup en haut du mandala, formant une grappe compacte. La personne
fait le lien avec sa dépression, sa tristesse et celle de sa mère.
Une autre personne “oublie” son père. Nous apprendrons plus tard que ce
père a chassé sa femme de leur maison avec ses
4 filles, tout en s’appropriant tous les biens qui venaient de sa femme.
Cette personne ressent un impérieux besoin de justice et garde une
rancune envers tous les hommes qui fait qu’elle n’a jamais pu
concrétiser une relation de couple.
Cette mise en place du mandala permet un premier bain dans cette
famille d’origine. L’essentiel se révèle rapidement et la personne s’en
trouve parfois surprise. Elle connaît les événements de sa famille bien
sûr mais là ils prennent du relief. Ils deviennent des points à voir
qui ouvrent de nouveaux points de vue.
Ce premier mandala permet d’ orienter l’attention de la personne qui
est très centrée sur ce qu’elle fait, ressent et de clarifier la
demande. Elle est plus à l’écoute de ses émotions et de ses impressions.
Lorsque la constellation familiale est terminée, un autre mandala
accueillera la solution afin de l’ancrer. Ainsi la personne a une image
antérieure et postérieure à sa constellation et peut constater ce qui
est différent.
De manière spontanée, la solution, l’image finale réapparaît dans
l’existence de la personne qui a fait un travail. L’image agit d’elle
même. Mais la personne peut aussi y faire appel. Elle repasse le nouveau
film pour mieux l’intégrer. Le mandala devient alors un support pour la
personne qui peut décider de nouvelles orientations pour son existence
conformes à ses aspirations et intentions les plus profondes.
Quand les personnes se
réunissent, une régression importante se produit, ce qui nous permet
d’atteindre des pathologies profondes qui ne seraient pas nécessairement
accessible en thérapie individuelle. La thérapie familiale remet à
chacun ce qui lui appartient. Se retrouver en groupe peut curieusement
faciliter le retour à l’individualité. Carole Hamel - Psychanalyste

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