Les constellations familiales, no.16
Pourquoi le mandala et la constellation familiale ?

Par Christiane Perreau

Bonjour,

Plusieurs personnes m’ont demandé pourquoi associer dans certains stages le mandala et la constellation familiale. Cette lettre apporte quelques éléments de réponses.

Amicalement.

Christiane

 

Peinture de Francine Babot

 


L’homme est un être de confins et d’absolu.
De rêves et de vision.
Sans cet “excès”, il ne peut rien
Et reste cloué au sol.
Adolphe Gesché


Le mot sanskrit  mandala signifie “cercle”. C’est une image organisée autour d’un centre. Un mandala individuel permet une représentation de la réalité inconsciente. Il permet de rendre visible ce qui est invisible, d’accéder à l’inaccessible. Tout comme une constellation le fait. Beaucoup de nos comportements, actes, pensées, croyances sont conditionnés par des programmes intérieurs inconscients, des images agissantes mais impalpables.  Or, une image intérieure rendue visible est parfois beaucoup plus parlante que de longs discours.  


Au départ le mandala va préparer le travail à venir. Le mandala est une feuille blanche qui représente l’Espace, le
Sans-Forme, le Non-Né, la Conscience sans contenu. Et puis, c’est un peu comme  un écran de cinéma sur lequel la personne va projeter les personnes qui font partie de sa famille,  en leur donnant une forme,  de la masse (sans chercher à concrétiser la taille réelle de la personne ; c’est ce qui est perçu de la personne qui est significatif), une place, une orientation. Tout est ici : passé, présent, futur.

Ainsi, le mandala, espace de sécurité  va accueillir les contenus de conscience de la personne qui le construit. Il n’y a pas besoin de réfléchir mais plutôt d’écouter ce qui est présent en soi, de laisser les mains être guidées par l’intuition ou la part de nous qui sait. Comme lorsque nous plaçons une personne dans une constellation.
Ce qui était caché se montre. Le mandala donne un aperçu global et rapide de la famille. En extériorisant ses contenus de conscience,  la personne commence  à prendre du recul, de la distance. Elle peut observer cette mise en place comme un scientifique observe le déroulement d’une expérience, avec intérêt mais conscient que cette création n’est pas lui. Le processus de désidentification s’initie.

Ainsi quelqu’un réalise qu’il s’est placé à l’extérieur du cercle avec sa petite fille. La suite du travail montrera que cette personne se vit comme exclue de sa famille, comme n’appartenant pas au cercle de famille. Par ailleurs, elle oublie un enfant avorté dont elle n’a pu vivre pleinement le deuil.

Une autre personne fait un père immense qui occupe le centre et fait le vide autour de lui.... Difficile de s’approcher de cet homme. Plus tard nous apprendrons qu’il a commis des violences vis à vis de sa fille.

Une autre personne a besoin de mettre des morts, beaucoup de morts.  D’une voix triste, elle dit : il y a beaucoup de morts. Je ne sais pas pourquoi mais ils sont tous là. Et elle en place  beaucoup en haut du mandala, formant une grappe compacte. La personne fait le lien avec sa dépression, sa tristesse et celle de sa mère.

Une autre personne “oublie” son père. Nous apprendrons plus tard que ce père a chassé sa femme de leur maison avec ses
4 filles, tout en s’appropriant tous les biens qui venaient de sa femme. Cette personne ressent un impérieux besoin de justice et garde une rancune envers tous les hommes qui  fait qu’elle n’a jamais pu concrétiser une relation de couple.

Cette mise en place du mandala permet un premier  bain dans cette famille d’origine. L’essentiel se révèle rapidement et la personne s’en trouve parfois surprise. Elle connaît les événements de sa famille  bien sûr mais là ils prennent du relief. Ils deviennent  des points à voir qui ouvrent de nouveaux points de vue.

Ce premier mandala permet  d’ orienter l’attention de la personne qui est très centrée sur ce qu’elle fait, ressent et  de clarifier la demande. Elle est plus à l’écoute de ses émotions et de ses impressions.

Lorsque la constellation familiale est terminée, un autre mandala accueillera la solution afin de l’ancrer. Ainsi la personne a une image antérieure et postérieure à sa constellation et peut constater ce qui est différent.

De manière spontanée, la solution, l’image finale réapparaît dans l’existence de la personne qui a fait un travail. L’image agit d’elle même. Mais la personne peut aussi y faire appel. Elle repasse le nouveau film pour mieux l’intégrer. Le mandala devient alors un support pour la personne qui peut décider de nouvelles orientations pour son existence conformes à ses aspirations et intentions les plus profondes.  
 

Quand les personnes se réunissent, une régression importante se produit, ce qui nous permet d’atteindre des pathologies profondes qui ne seraient pas nécessairement accessible en thérapie individuelle.  La thérapie familiale remet à chacun ce qui lui appartient. Se retrouver en groupe peut curieusement faciliter le retour à l’individualité.  Carole Hamel -  Psychanalyste
 

Ajouter ce site à vos favoris

S'abonner à la lettre mensuelle

Vous êtes dans le site d'Iridis

Un site de

 

© 1999-2005, Dominique Jeanneret et Iridis, tous droits de reproduction réservés