Les constellations familiales, no.15
Le droit à l'appartenance

Par Christiane Perreau


Bonjour,

Voici une lettre qui montre de manière  concrète des  formes d’exclusion et leurs conséquences sur plusieurs générations . N’hésitez pas à partager vos expériences et observations à ce sujet.

 

Peinture de Francine Babot

 


Beaucoup de personnes avec qui je communique sont en recherche de sens à la souffrance, la leur et celle de leur entourage. Plusieurs connaissent le travail  extraordinaire de mon ami Claude Portais, les Chemins de la Connaissance qui  apporte des informations essentielles pour comprendre et améliorer notre existence et réaliser notre Vraie Nature. Je vous rappelle que notre Vraie Nature est ce que les Bouddhistes appellent Vacuité et d’autres l’Être.

Si vous ne connaissez pas le bulletin que vous pouvez recevoir sur simple demande, je vous donne le courriel de Claude :  claude.portais@laposte.net. Ainsi qu’un extrait d’un écrit de Claude sur l’Être. Si vous voulez recevoir le bulletin à titre d'essai, adressez lui un courriel en notant dans OBJET :  information de la part de jenous.

En fin de courriel, vous trouverez aussi les dates et lieux de stages.

Amicalement.
Christiane
 

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ÊTRE
par Claude Louis

Qu’est-ce qu’un ÊTRE?

ÊTRE… est espace, vacuité et intelligence capable de traiter l’information comme les mémoires vives des ordinateurs, mais avec conscience… Nous sommes cette vacuité intelligente.

Exercice: Pensez quelque chose du genre il fait beau aujourd’hui et soyez conscient que c’est Vous qui pensez mais que vous n’êtes pas cette pensée.

ÊTRE…c’est la Conscience sans contenu mais pouvant accueillir toutes les réalités du monde et en être conscient… nous sommes cette Conscience et non pas le contenu de cette Conscience.

Exercice : Voyez que vous êtes conscient de votre corps, des voitures, de votre maison (faites l’expérience avec les choses physiques ou mentales) et prenez conscience que si vous êtes conscient de ces choses, il faut que ces choses soient au-dedans de Vous, de Vous LA Conscience.

ÊTRE… c’est un Statique de vie, aucun mouvement, aucun temps, toujours ICI dans le MAINTENANT, mais qui donne naissance au mouvement et au temps et supporte l’existence de toute chose par sa force vitale.

Ce Statique de Vie n’est pas né, ne survit pas, ne peut pas mourir… mais il est créateur des réalités du monde qui naissent, survivent et meurent comme les voitures, les maisons, les corps… nous sommes ce Statique de Vie et avons un  corps, une maison, une voiture…
Prenez conscience que, partout où vous allez, vous avez un ICI qui est toujours ICI… c’est le Statique de Vie… votre véritable nature.

Exercice : Regardez l’endroit où vous avez votre tête. Pour cela il suffit de retourner votre attention sur votre tête et de la voir… et bien sûr vous ne la voyez pas… donc regardez là où vous ne voyez pas de tête et prenez conscience qu’il n’y a aucun mouvement…

ÊTRE… c’est aussi un créateur qui donne naissance par simple postulat aux états d’être ou identités. Ce sont ses enfants ou ses serviteurs… nous sommes ce créateur.

Exercice : Dites je suis une personne heureuse et laissez vous ressentir comment on se sent quand on est une personne heureuse. Oui, vous avez la capacité de créer votre enfer ou votre paradis… faites votre choix.

ÊTRE est notre nature fondamentale

Nous n’avons pas un Être divin en nous… nous sommes cet ÊTRE divin.

Exercice : Mettez votre attention sur une personne physique ou mentale, amie ou ennemie, et sentez que vous êtes capable d’apprécier d’une façon inconditionnelle cette personne… non pas forcément pour ses actes (vos ennemis) mais pour ce qu’elle est fondamentalement… un ÊTRE… LA VIE… l’Amour… 

Il y a ceux qui disent que s’il y a des dieux,
alors chacun d'entre nous est un dieu.

Le Tao

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Constellations Familiales
LE DROIT À L’APPARTENANCE
par Christiane Perreau


Extraits de séances de constellations en rapport avec l’exclusion de membres d’une famille

Il s’agit là de résumés où seulement l’essentiel a été gardé. Les prénoms ont été changés pour conserver la confidentialité de ce travail.  Je rappelle que les phrases proposées doivent être ressenties comme appartenant à la personne qui les prononce. Si une personne n’est pas en accord avec ces phrases, elle le dit afin de trouver ce qui n’est pas vu, conscientisé.

1er exemple : Dominique et  les hommes de son clan occultés, dénigrés

Dominique souffre d’un cancer et souhaite comprendre comment l’histoire de ses ancêtres a pu entrer en résonance avec la sienne. Il a le sentiment que quelque chose ne lui appartient pas et il ne voudrait pas que cela continue avec ses enfants.

Il évoque la lignée maternelle où beaucoup d’événements se sont produits et qui lui semblent être la source de ses difficultés. Des oncles jumeaux morts en bas âge, un grand père maternel mort alors qu’il avait 2 ans, une arrière grand mère abusée et une mère et une grand mère dénigrant les hommes. Le lien avec sa mère est devenu difficile ces dernières années.

Du côté paternel il n’a pas beaucoup de faits marquants. Mais il a le sentiment qu’il est habité par son père depuis la mort de celui-ci qui remonte à 4 ans. Beaucoup de problèmes de santé se sont manifestés après le décès de son père. Et il a conscience de ne pas avoir compris  son père. Et cela lui pèse, notamment depuis sa maladie.

Je l’invite à choisir quelqu’un pour lui, pour son père, et sa mère et de les placer. Lorsqu’il se place, il est loin de son père et de sa mère et  regarde  au loin avec un mouvement vers l‘extérieur comme pour partir. Il ne se sent pas bien, opprimé et n’a pas de lien avec son père. Une fois face à son père, il a des frissons et froid. Et il n’a pas d’affect pour son père et a du mal à le regarder.

Je l’ invite à regarder son père et lui dire : «Papa j’aurais voulu t’aimer autant que je l’ai fait pour Maman mais je n ‘ai pas pu, Maman m’a fait obstacle.» À ces mots, il dit : «oh oui ça c est vrai». Les frissons continuent et je lui propose une autre phrase: «Je vois ta souffrance et, par amour pour toi,  je voulais porter ta souffrance. (il acquiesce).  Maintenant je te laisse ta souffrance». Là, il hésite et dit qu‘il ne peut faire cela, ce serait égoïste...il ne le sent pas. Cela lui donne à nouveau des frissons.

Introduction du grand père paternel ce qui le soulage un peu et je lui propose de dire à son père : «tu peux prendre appui sur ton propre père». Il se sent alors plus léger et la phrase est possible maintenant : «je te laisse ta souffrance, moi je ne suis qu’un enfant et c’est toi mon père, toi le grand». Cependant  il se sent le grand et non  un enfant face à son père. Il y a donc encore un pas à faire pour aller vers la solution.

Introduction d’autres hommes ce qui  soulage Dominique : «je ne suis qu’un enfant et je prends la vie de toi, et de ces hommes». Cette fois, il se sent l’enfant. Il a perdu sa position de grand. Il se sent d’ailleurs de plus en plus léger, avec un fardeau qui tombe.

Je lui demande s‘il a un mouvement vers son père qui l’attend avec bienveillance et il répond qu’il aimerait le prendre dans ses bras  maintenant,  ce qu’il n’a jamais fait... Il se dirige vers le père et l’enlace tout en pleurant et disant «Papa, Papa»..... Il reste un long moment ainsi puis se dégage. Le lien entre le père et le fils est rétabli.

Je l ‘invite à se mettre  le dos contre son père et cette lignée d’hommes. Il répond  : «oui, c est ce dont j‘avais envie» ce qu’il fait et il ressent comme une force qui vient de loin et qui le porte. Je l’invite ensuite à aller vers sa mère. Il lui en veut. Je l‘invite à dire «je n’ai pas pu aimer Papa comme je le voulais et je t’en veux pour cela. Maintenant je le porte dans mon coeur et je l’aime autant que toi. Je te respecte, tu es ma mère».

Mais il manque quelqu’un, il y a un vide : le grand père maternel dont Dominique prend conscience. Lorsque le grand père maternel est introduit, Dominique est soulagé. Il dit  : «c ‘est comme si des noeuds se dénouaient et l’atmosphère devient plus fluide». Il ajoute :  «oui j ai besoin aussi de cet homme, il est important pour moi, pour que je me sente complet ; je le vois maintenant, avant il n’existait pas. Tu es mon grand père et je te vois maintenant.  Tu fais partie de nous. Moi je suis ton petit fils et j’aurais aimé te connaître. je te laisse ton destin. Je vais profiter de ma vie maintenant avec toi dans mon coeur».

Dominique se sent  vraiment léger et joyeux comme jamais.

Pour terminer nous introduisons la maladie et il la regarde en lui disant : «je te respecte, tu m’as beaucoup appris».

La maladie approuve.

Un peu plus tard Dominique dira qu’il a fait la paix avec son père et qu’il le reconnaît maintenant en tant que père et homme. Il ajoute qu’il prend conscience que son grand père maternel n’était pas vu  et que les hommes n’avaient ni place ni considération dans cette famille, une forme d’exclusion. Il ajoute  aussi que maintenant, il  peut  voir sa mère sous un autre angle, sans haine. Il réalise qu’il portait la souffrance de ces hommes non reconnus.


2ème exemple : Carmen et  un ancêtre rejeté et des morts non honorés

Carmen souffre de mauvaises relations avec sa famille d’origine et elle aimerait améliorer ses communications avec celle-ci. C‘est un handicap pour elle et elle ne se sent pas tranquille avec cette famille. Elle dit porter beaucoup de tristesse en elle. Elle signale que son père était alcoolique ainsi que son grand père, revenu de la guerre 39/45 très choqué. Ce grand père est  considéré comme un héros de guerre ; il est devenu alcoolique à son retour de guerre. Du côté maternel, elle ne voit pas d’événements majeurs mais une forme de violence.

Nous mettons en place elle,  ses deux parents et le grand père paternel.

Afin que les deux hommes se retrouvent, se reconnaissent, nous devons introduire quelqu’un qui représente tous les morts de la guerre qu’ils soient héros, victimes ou bourreaux. Cela permet de soulager les membres de la constellation et Carmen n’est plus aussi attirée par son grand père paternel qu’avant. Le père  de Carmen peut regarder son propre Père qui s’avance vers les morts et leur dit : «vous, vous êtes morts et moi je vis encore et je vous respecte ; vous, vous savez qu’à la guerre les limites entre les bourreaux et les héros ne sont pas aussi claires que cela, je suis un homme ordinaire et j’ai bu pour oublier tout çà».

Les morts approuvent ce que dit le Grand Père et ils se sentent ainsi respectés. Ils peuvent être en paix maintenant. Cela permet au grand père paternel et au fils de se réconcilier et libère Carmen de l’attraction qu’elle avait pour son grand père paternel. Toutefois, la mère de Carmen n’est pas soulagée ; pour lui donner du soutien, nous introduisons sa mère, sa grand-mère, son arrière grand mère. Cela n’apportant rien, nous introduisons une autre aïeule et là Carmen dit : «Ah je me souviens d‘une histoire d’une arrière arrière-grand-mère qui a jeté son mari dehors après avoir appris qu’il avait eu un enfant avant leur mariage».

Nous introduisons le mari de cette femme qui fait alors un geste de la main pour le balayer en disant : «il n’a rien à faire avec moi».

Lui répond : «j'aimerais bien être reconnu tout de même».

Je lui demande de regarder ce qui la trouble. Elle n’a plus la même assurance. Elle finit par dire : j'ai agi un peu vite, sous le coup de la colère. Cet homme se sent alors soulagé et sourit. Elle dit  gravement : «je crois que nous aurions pu continuer ensemble, j’ai pris ma décision un peu vite. Je le regrette». Lui est de mieux en mieux, il se détend.

Alors j’invite les femmes de sa descendance à le regarder et lui dire  : «tu fais partie de nous».

Les visages se détendent et Carmen a envie de s‘incliner devant ces femmes et cet homme. En se relevant, elle dit qu’elle aurait envie de se retourner vers l‘avenir. Son père et le grand père paternel viennent à côté de la mère et Carmen appuie chacune de ses épaules sur son père et sa mère. Elle se sent soulagée et perçoit une grande force qui vient de sa famille,  force qui la pousse en avant. Son visage est radieux.


Ces exemples montrent  que l’exclusion conduit à des dynamiques comme «je te suis»,  «je souffre», «je suis malade» ou «je veux mourir à ta place». Comme le rappelle Bert Hellinger dans La maturité dans les relations humaines, les personnes qui souffrent de maladies graves comme un cancer, de graves accidents ou sont suicidaires, obéissent fréquemment à la pression que suscite la fidélité au clan et le besoin de lui appartenir. Ils répondent à une impulsion «je te suis !».

Ces comportements s’expliquent par l’illusion qu’un membre du clan peut se substituer à un autre, assumer ses souffrances, expier un méfait pour lui ou même mourir pour le libérer d’un destin tragique. La dynamique qui s’y dissimule alors est «plutôt moi que toi !»

Dans ces deux exemples, nous pouvons constater que dès qu’il y a un élément manquant, quelqu’un de plus jeune -dernièrement arrivé dans le système- va tenter de compenser l’exclusion mais l’équilibre du système reste bancal. En fait celui qui fait cela ajoute du malheur au malheur. Même si son geste est fait par amour, il s’agit d un amour aveugle et inconscient.

Par contre, dès que les exclus sont ré-introduits et reconnus, admis par le clan,  l’équilibre se dessine. Et les personnes qui avaient pris à leur compte de rétablir l’ordre, sont libérées de cette mission.

Les constellations familiales mettent en évidence de manière rapide ces confusions entre générations  et personnes, permettant à celui qui prend conscience de ces liens de s’en dégager.


 

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