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Comment sommes-nous reliés à
notre famille d’origine ou actuelle ? Comment percevons-nous notre
appartenance à cette tribu ? Et puis qui est mis de côté, qui n’est pas
vu, oublié, rejeté, expatrié ? Qu’il ou elle soit vivant(e) ou mort(e)...
L’appartenance étant un des principes fondamentaux de la constellation
familiale, j’ai préféré aborder ce thème important qui permet de mieux
saisir le fonctionnement d’un système familial.
Je profite de
cette période de voeux pour partager avec vous ce poème d’un auteur
inconnu :
Rire, c’est risquer de
paraître idiot.
Pleurer, c’est risquer de paraître sentimental.
Tendre la main, c’est risquer de s’impliquer.
Exposer ses sentiments, c’est risquer d’être rejeté.
Faire part de ses rêves à la foule, c’est risquer le ridicule.
Aimer, c’est risquer de ne pas être aimé en retour.
Aller de l’avant malgré les probabilités contraires, c’est risquer
l’échec.
Mais il faut prendre des risques, car le plus grand danger dans la vie,
c’est de ne rien risquer.
Celui qui ne risque rien, ne fait rien, n’a rien, n’est rien.
Il peut éviter de souffrir et de pleurer, mais il ne peut apprendre,
sentir, changer, grandir ou aimer.
Seul est libre celui qui prend des risques.
Que cette
nouvelle année soit sous le signe du risque et de l’ouverture. Plus de
compréhension pour vous-même, votre famille et l’expérience renouvelée
de votre Essence fondamentale.
Amicalement
Christiane

«Si vous aimez vraiment vos enfants, vous ferez
quelque chose pour vous.» Claude Portais

Notre
survie dépend de notre appartenance à un groupe ; la conscience d
‘appartenir à un clan rassure et est vitale. Un enfant sans système
familial va mourir. Dès que l’enfant naît, il se crée un puissant
lien entre lui et sa famille et cela indépendamment des qualités ou
comportements des personnes. L’enfant éprouve une satisfaction
d’appartenir au clan dont il est issu. Et il va déployer des efforts
énormes (pensées, croyance religieuse, sentiments, objectifs, missions,
attitudes vestimentaires, alimentaires) pour se conformer à la culture
de ceux auxquels il veut appartenir. La peur d’être rejeté, de perdre
ses parents le conditionne de manière inconsciente durant les premières
années de son existence. Ce besoin d’appartenir agit secrètement,
implicitement et est à conquérir sans cesse car nous ignorons le temps
que cela va durer. L’idée d’être exclu est invivable, insupportable.
D’ailleurs, dans certaines sociétés primitives le bannissement est la
punition ultime.
Ce lien à la famille d’origine est si fort que l’enfant a tendance à
sacrifier son propre bonheur, destin pour maintenir l’équilibre du
groupe et rester fidèle à la conscience collective de son clan. Cela lui
donne bonne conscience. Mais ce n’est pas un acte auto-déterminé,
conscient. Et cela risque de devenir une croyance invisible qui sera
difficile à conscientiser une fois adulte.
Vivre son bonheur personnel est ressenti comme une trahison : par
exemple, certaines familles n’admettent pas le concept du divorce et
celui qui se sépare se sent coupable de transgresser cette loi – il a
mauvaise conscience et risque de durer dans une situation qui ne lui
convient plus pour ne pas dénoncer les croyances du clan. D’autres
auront tendance à expier pour avoir enfreint les règles de leur
communauté.
Ce témoignage de Murielle est édifiant sur ce type de programmes qui
nous “agissent” :
Cela va faire sept ans la veille de Noël que je me suis séparée de mon
mari... et sept ans que j'ai perdu le sommeil..
Je
m'endors facilement mais me réveille 3-4 heures plus tard... J'ai tout
essayé (y compris l'hypnose eriksonienne, l'EMDR ou deux constellations
familiales...) Cela m'a aidé à gérer d'autres choses ou à comprendre pas
à résoudre... Et je suis épuisée par ce manque de sommeil qui ne tue pas
mais m'empêche de jouir de toutes mes facultés...
Cette séparation était inévitable... mais, dans ma famille, on ne se
sépare pas.... On vit parfois l'enfer ... physiquement ou moralement
mais on ne se sépare pas... Raison de plus pour moi qui n'avait jamais
été battue mais qui souffrait de ne pouvoir me réaliser, de mourir mais
seulement spirituellement.... On ne s'échappe pas de son milieu, de son
village, de son destin...
J'ai pris conscience et j'ai dit non... J'ai voulu être libre d'être
moi... Mais quelque chose inconsciemment m'arrête, pose obstacle sans
fin...
La fin de mon couple (après 18 ans de mariage) , c'était l'échec... Je
n'avais pu réussir ma relation amoureuse, ma vie de femme... Depuis lors,
des tentatives de refonder un couple se sont fondées par un échec.
Certainement plusieurs facteurs participent à l’échec de Murielle et
tout n’est pas systémique. Les difficultés à terminer les cycles sont
dues en partie à des programmes bien cachés mais agissants pleinement à
notre insu ! Bonne et mauvaise conscience nous maintiennent dans la
dualité. Ce sont des points de vue différents qui permettent à chacun de
trouver son propre chemin à travers des expériences souvent douloureuses
vers plus de maturité, de discernement, de lucidité.
Nous ne voyons pas que nous nous trahissons nous-mêmes en étant fidèles
aux destins des autres, étant ainsi infidèles à l’Être, à la Vie que
nous sommes. Pour être fidèles à la Vie, à notre propre destin, pour que
l’amour croisse, nous devons sortir des cadres, des croyances, des
loyautés inconscientes, d’un système pour aller vers un autre système
qui nous permet de faire d’autres expériences, d’acquérir d’autres
connaissances, compréhensions.
L’adolescence nous le montre. C’est le moment où nous commençons à
quitter la cellule familiale pour appartenir à d’autres groupes
d’adolescents que nous choisissons et cela ne va pas sans mal parfois.
Nous éprouvons le sentiment de tromper les nôtres, il y a des
tiraillements (les scolioses auraient-elles à voir avec ces désirs de
loyautés contradictoires ?).
Pourtant c est la seule façon que nous ayons de vivre notre propre
destin et nous accomplir. Cela se paie par une certaine culpabilité qui
est plutôt saine puisqu’au service d’un élargissement de conscience,
d’un épanouissement.
Et le lien reste, nous sommes attachés de façon invisible à notre
clan d’origine, aimés ou pas, accueillis ou non désirés et même séparés
par des milliers de kilomètres. Et dans les constellations
nous pouvons constater que la famille est heureuse si chacun grandit et
vit son propre bonheur. Lorsqu’une personne dit à ses ascendants que
désormais elle va prendre son propre destin en mains, cela les soulage.
Le lien vient du fait d’être né dans une famille, qui nous plaise ou
pas.
Tous les membres d’une famille ont le même droit d’appartenance au clan,
qu’ils soient en vie ou morts, proches ou à l’autre bout du monde. Ils
sont liés les uns ou autres qu’ils le veuillent ou non. C’est l’égalité
pour tous et il n’y a pas de considération d’ordre moral ou d'évaluation
de qui fait bien ou mal. Le droit à l’appartenance est indépendant des
comportements. Les qualités ou position sociale, professionnelle d’une
personne ne lui confère pas un droit supérieur d’appartenir.
La seule exception à cette règle est le meurtre ou la tentative de
meurtre d’un autre membre du clan qui fait perdre le droit
d’appartenance de la personne responsable de ces actes.
La transgression de ce droit à l’appartenance est une des causes
fondamentales des intrications existant dans les familles.
D’où l’intérêt de se demander dans une constellation qui est rejeté,
oublié, pas reconnu, pas respecté dans une famille ; l’exclusion prend
des facettes multiples, critiques, jugements, peurs d’une personne et
de son destin.
-
oubli
des personnes ayant eu un destin difficile : grand mère morte en
couches, mort d’un enfant en bas âge par exemple. Ce qui est
douloureux est caché, tu. Ainsi espérons-nous échapper à la
souffrance. Ainsi naissent des secrets, des tabous.
- ignorance d’un
premier amour, rejet ou non-respect d’un ex-partenaire
- reniement des
parents biologiques d’enfants adoptés
- rejet d’un parent
pour une conduite, un acte jugés inopportuns par un enfant
-
refoulement d’une personne dont l’existence est difficile (handicap-folie-maladie
grave) et dont la confrontation est douloureuse
- personne expulsée ou
expatriée
- exclusion d’une
personne suite à une union non approuvée par la famille
- ignorance d’une
injustice faite à quelqu’un
- dénigrement d’un
conjoint parce qu’alcoolique
- dénigrement des
hommes parce qu’une grand-mère a été bafouée ou violée
Tout cela constitue
autant de formes d’exclusion qui engendrent des déséquilibres qu’un
plus jeune, un dernier arrivé dans le système tente de rétablir en
prenant la place de la personne oubliée, son destin, ses sentiments.
Cela est fait de façon inconsciente et involontaire. Et plus une
personne est niée, plus elle a d’influence sur le clan. La conscience du
groupe veille que chaque individu jouisse de son droit d’appartenance,
de sa place.
Dans une constellation, nous allons chercher à inclure les événements
douloureux, graves, les personnes oubliées, tout ce que le système ne
voulait pas voir ou entendre. Nous allons rendre hommage à tous ces
oubliés. Et cela va restaurer l’ordre et l’amour dans le système et
permettre à la vie de circuler à nouveau.

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