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Voici un partage de Beaudouin Labrique
Merci pour votre Bulletin.
Concernant le mouvement interrompu, nous avons observé que, la plupart
du temps, lorsque l'enfant est séparé de sa mère au moment précis
de la naissance, pour une durée excédant ne fut-ce qu'une heure, il ne
voudra plus ni ne pourra ensuite revivre de lui-même cette expérience
par nature l'une des plus traumatisantes et lourdes de conséquences ;
dès qu'il naît, il n'a en effet qu'une envie : se rapprocher, toucher,
rester en contact physique avec celle avec qui il a été intimement en
fusion durant la grossesse.
Séparé alors, il ne
pourra alors forger qu'une croyance du genre : si à l'avenir il se
rapproche encore trop de celui, celle qui l'aime, ou qu'il aime, il ne
pourra craindre que, comme à la naissance, une séparation rapide en
découlera inéluctablement.
Dans son couple, par exemple, il se protègera de la même façon et il
pourrait alors donner l'impression d'être froid, voire frigide ou
impuissant.
Pour nous, c'est ce que nous appelons le "contact interrompu" de la mère
(à la naissance) ; si, ensuite, il subit d'autres séparations, elles
seront toujours à mettre en lumière avec ce tout premier contact
interrompu qu'elles ravivent, pour lui permettre d'arriver à aider
efficacement à en guérir, en lui permettant de mettre à jour la cascade
et enfin à lui en montrer la vraie source ; il sera alors mieux à même
d'en accepter toutes les conséquences, puisque découlant logiquement du
conflit primal généré par ce contact interrompu.
Enfin, il pourra avec notre aide mettre en oeuvre une stratégie auto-libératrice,
et, tel un jeu de domino, il n'y aura plus à redouter que de tels
événements surviennent encore.
Si on ne s'occupe que de "déclencheurs", sans aller à la source du
mal-a-dit, tôt où tard il y ne pourra survenir de nouveau qu'un
événement générant le même ressenti souffrant qui est alors là comme
témoin que quelque chose de plus profond (échappant au conscient de la
personne) est à guérir absolument : le traumatisme majeur du contact
interrompu à la naissance.
Nous avons aussi observé que ce sont précisément des personnes qui ont
souffert de ce traumatisme de naissance qui ensuite, comme par hasard,
vivent une kyrielle d'événements dont le dénominateur commun est cette
tonalité de séparation affective ; comme s'il s'agissait d'un disque
rayé, ceux-ci sont là pour leur offrir une occasion de guérir du
traumatisme primal ; en psychobiologie nous parlons alors de "solution
parfaite (de survie) du cerveau". "La vie ressert les mêmes plats mais
de plus en plus épicés"
Point de vue
de Christiane
Merci pour ce complément
d’informations fort pertinent quant à la notion d’aller à la racine des
maux (mots) et j’invite toutes celles et tous ceux qui s’intéressent à
la conception des croyances limitantes dans le ventre maternel à aller
consulter le site de Beaudouin dont voici les coordonnées :
http://www.retrouversonnord.be/ventrematernel.htm.
Ainsi
concevons-nous certaines croyances en même temps que notre naissance ou
conception. Ces croyances ont la vie dure, elles deviennent invisibles
et certitudes alors qu’ elles s’appuient souvent sur l’irrationnel ou
des vestiges d’une pensée magique. Elles nous rendent la vie dure et les
constellations mettent en évidence de telles croyances “si je meurs,
Papa ne va pas mourir” ou “si je meurs, ma petite soeur va revenir sur
terre”. Ces croyances qui nous permettent un temps d’affronter l’inconnu,
l’imprévisible deviennent alors de vraies prisons psychologiques qui
auraient besoin d’être nettoyées. Elles constituent de vraies racines
pour les maux.
L’enfant qui naît a un besoin vital de s’attacher ce qui lui
permettra de mieux se détacher ensuite. Cet enfant vient de subir une
perte importante en passant du NON-NÉ au NÉ. IL vient de perdre un
espace où il était en union absolue avec le corps de sa mère et où tous
ses besoins/désirs étaient satisfaits sans qu’il y ait à demander, à
communiquer. Et dans cette venue au monde il perd le cordon, le
placenta, l’enveloppe amniotique, la pression utérine. Et tous les
rythmes inhérents au corps maternel (coeur-respiration-marche). Du
monde liquide il passe au monde solide ; d’un univers chaud il passe
dans un univers froid. Il connaît des ruptures dans la continuité
d’être qu’il peut percevoir comme la mort.
Cet enfant Divin qui n’a pas de masse fait son entrée au monde avec
des pertes ; il fait l’expérience de la dé-pression originelle. Il a un
besoin vital de rétablir le lien entre son existence prénatale et son
existence postnatale.
Si l’enfant est accueilli par le corps de la mère (réflexe de
fouissement, empreinte, pression des bras, rythme cardiaque,
respiratoire) et par le regard de celle-ci ou d’un autre être
humain,” il n’y a pas de rupture, selon Jean Marie Delassus
pédopsychiatre et philosophe, mais un saut non pas dans l’inconnu mais
dans le reconnu. Cet échange, qui se poursuit ensuite par des soins
aimants, rend ce monde acceptable. Quand au couple, il découvre
l’infini dans les yeux de son bébé, et se retrouve alors dans la
position de parents grâce au partage de cette émotion”.
Ainsi ce lien peut se faire dans un corps à corps physique mais aussi
dans une communion empathique d’être à être qui s’appelle Présence.
Cette Présence dont nous pouvons bénéficier auprès d’un sage, d’un
éveillé.....
Si il y a eu beaucoup de ruptures dans cette période post-natale, cela
va constituer une racine sur laquelle vont venir s’empiler d’autres
traumas ayant la même anatomie dont les élans interrompus.
Il semblerait que l’expérience de notre Nature Divine soit fondamentale
dans cette période péri-natale et qu’elle laisse en nous une nostalgie
qui va nourrir nos recherches “spirituelles” ultérieures.
Mais cette expérience d’unité originelle n’est pas auto-consciente. Le
bébé ne sait pas qu’il est Conscience sans contenu, Vacuité.
Il n’ a pas encore de concepts, ce bébé, pour nommer la NON-CHOSE,
pour
nommer le NON-NÉ, pas plus que pour nommer
ce corps, cette tête, ces pensées, ces désirs, ces pulsions de vie ou de
mort. Le bébé EST.
La perte de cette perception d’unité va nous conduire vers la quête du
Soi de façon consciente. Pour entrer dans l’expérience de la
co-naissance où je sais que je suis Conscience.
Partage de Catherine
Et merci d'avoir si bien exprimé dans ces quelques phrases de ta lettre
N°11 les mécanismes de survie suite à un un élan interrompu.
Avec le temps et des explications franches (?), le ressentiment
s'estompe. Mais la confiance, elle, ne revient pas si facilement. Tu as
raison, c'est un sorte de mort qui nous rattrape dès que l'on arrête de
tourner dans la centrifugeuse de la société. Mais la marque est là,
indélébile car la méfiance fait en sorte que l'on ne désire même plus
faire le chemin à l'envers pour retrouver le cours "normal" du mouvement.
Fut un temps où je désirais ce réconfort, maintenant il me paraît vain
et inutile. C'est ce en quoi je te dis que je ne suis pas prête.
Peut-être est-ce la peur de souffrir à nouveau ?
La maternité "casse" pour un temps ce cercle infernal et j'ai pensé
récupérer le mouvement à ce moment là. Hélas, les enfants quittent le
nid et c'est normal, c'est le but de l'éducation qu'on leur apporte.
L'oiseau doit un jour voler de ses propres ailes et dans les meilleures
conditions possibles. Peut-être les petits enfants me permettront-ils de
retrouver cette vie affective si enfouie au fond de moi. Eux seuls, pour
le moment, me donneront la force de faire le pas et me laisser-aller
en toute confiance vers l'Amour.
Je "fais" beaucoup de choses, mais je ne ressens rien, peut-être
quelques fois un peu de révolte ou de colère. Mais à quoi bon ! C'est ça
la dépression ? Alors je la traîne depuis longtemps... Ce qui n'empêche
pas de se battre à l'extérieur pour sa famille. Quel antagonisme ! La
pêche à l'extérieur, la mort à l'intérieur !
Point de vue de Christiane
Merci Catherine pour ce témoignage si sincère
et si touchant. Tes mots en disent long sur cette blessure....
Je ne peux que te dire qu il y a un chemin pour retrouver la confiance,
l’abandon, le vouloir vivre et la vie à l’ intérieur au lieu de la
mort à l ‘intérieur.
Un ressentiment qui
s’estompe indique qu’il est toujours là. Estompé ne veut pas dire
dissout. Le cycle est toujours ouvert. Et quand tu dis “ne plus
ressentir” cela indique que, peut être tu sens déjà beaucoup trop et
que tu tentes d'anesthésier le ressentiment !
En principe un être qui passe à travers la souffrance de façon
consciente et délibérée, retrouve sa plénitude et sa joie d’exister. IL
devient actif dans sa souffrance. Il ne la subit plus passivement. Il
retrouve son point cause.
Si nous faisons des tentatives dans ce sens, avec de la souffrance et
sans résultat, c’est un échec. L’échec risque d’amener des émotions
fortes du genre colère. La colère est une énergie puissante qui permet
de retrouver l’élan vital et l’action. Mais si vient ensuite une
contre énergie du genre “à quoi bon, il n’y a rien à faire”... la
colère et l’action qui devaient suivre devront être refoulées.
Ensuite nous avons une pression due à l'énergie colère qui sera réprimée
par le “à quoi bon” et pour éliminer cette énergie qui n’a pas pu être
investie dans l’action, nous aurons une dé-pression avec une sensation
d’apathie.
À ce moment là, nous pouvons regarder si le chemin emprunté était bien
le bon ou si nous étions assez préparés, prêts ou suffisamment
accompagnés ou...
Oui, il y a un chemin. Il est long et demande persévérance mais c ‘est
possible. De toute façon si nous ne faisons pas ce chemin... Nous sommes
“faits” par lui... Et c’est comme une dé-faite qui aura un goût amer
jusqu’à la fin de nos jours. Que nous reste –t-il alors comme choix :
rester sur la défaite ou continuer afin de retrouver nos certitudes de
créateur ? D'ETRE..... notre maison.....

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