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Partage de Béatrice
Merci Christiane
Pour ces merveilleux partages.
Oui cette lettre est merveilleuse
Quelle coïncidence extraordinaire, justement je me disais cela ces
derniers jours...que mes parents avaient fait du mieux possible...Et
qu'ils étaient les plus merveilleux parents.
En fait, si je déroule le chemin de l'acceptation, les étapes ont été
les suivantes:
Enfant, je me sens incomprise, fréquemment punie, tapée , mise au cachot...(heureusement
on est trois filles toutes à la même enseigne ...les punitions pleuvent
au hasard...chacune son lot ...Au moins ça répartit les lots. À 6 ans,
placée chez ma grand-mère...j'ai un gros trauma d'abandon (celle qui se
sent le vrai vilain canard de la couvée).
Je
ne comprends toujours pas les réactions de ma mère qui pour moi restent
inexplicables..Mais désormais nos relations sont devenues empathiques,
je cherche désormais à la comprendre, à voir ce qui se passe en elle.
Je
reçois toujours des scudes, mais désormais je mène l'enquête et freinant
l'éclosion de ma propre réaction, je me recentre au coeur, et de manière
"dénudée" je m'offre à elle pour accepter ces flèches et enquêter en lui
posant à chaque fois la question; peut-elle me dire ce qui motive son
attitude ?
L'intention (amour) qui préside à mon questionnement reçoit réponses sur
réponses.
Ça marche !!!
Pour bien comprendre ...l'intention de départ n'est pas "justifie moi ta
conduite" ..;Mais bien "donne moi les éléments qui vont me permettre de
comprendre ton attitude" .
Et je découvre peu à peu que ce comportement si "irrationnel" à mes
yeux, comporte en fait des contreparties "fixées" dans le marbre, et
voui ..peu à peu ce comportement quitte le domaine de l'arbitraire pour
laisser seulement apparaître une collection de "fixations".
C'est un peu comme de faire la visite d'une machinerie d'une autre
époque....Lumière...Ses réactions sont totalement justifiées .....je
n'ai plus qu'à accepter ces vues là ....Je le fais de bonne grâce
...l'amour pour maman est en phase croissante....Désormais, je me sens
comme une mère pour elle, comme si moi la petite fille par une
retournement de situation extraordinaire, j'étais chargée de la dorloter,
de soigner toute cette souffrance en elle.
Reste que la division est toujours là ...l'adulte est réconciliée elle a
même vu que son "masochisme" lui plaisait bien en fait...Ceci aussi la
fait rire aujourd'hui . Et bien entendu le mazo a l'air d'avoir glissé
du champ d' expérience ....
Reste que la petite fille elle est toujours là dans la conscience, à
attendre une éventuelle maman de secours. Alors j'ai bien conscience
qu'il faudrait que la petite fille réussisse à lâcher sa 'revendication"
à une maman imaginaire...Mais de la conscience du problème à la
résolution de l'équation .....il doit encore manquer une case de
compréhension
même si aujourd'hui l'idée fait son
chemin, que comme il faut taper sur l'enclume pour forger une belle épée,
tout ceci était sans doute nécessaire .....ou inscrit dans la lignée
biologique ..... (l'ego se lasse jamais de s'inventer de multiples
scénarios ..je viens d'en apercevoir sa revendication en écrivant la
phrase précédente). Alors oui j'accepterai de renaître de cette divine
môman .
Et je mesure à quel point l'acceptation doit résulter d'une acceptation
sans conditions y compris au delà de toute éventuelle compréhension de
chaque scène unitaire.
Car comme dirait l'autre il en fût ainsi !
Réponse de Christiane
À propos du mouvement interrompu
Merci Béa pour ces belles compréhensions et le beau parcours que tu
fais. Merci de souligner ton intention de comprendre et non d’accuser ou
de revendiquer ou de juger. L’intention de comprendre, faite d’intelligence,
n’amène pas de force et ainsi les résistances s’aplanissent. Et cela
fait des merveilles parfois....” plus je comprends, mieux j’aime”.
Néanmoins, il y a un fait qui retient mon attention et sur lequel je
souhaite m’attarder. Tu dis avoir été placée à 6 ans chez ta grand-mère.
Il se peut qu’il y ait là ce que nous appelons un élan interrompu vers
la mère.
Un petit enfant qui est séparé de sa mère, parfois de son père, est
interrompu dans son élan vers celui qu’il aime et dont il dépend
affectivement. Le mouvement vers l’autre est inachevé. Ce mouvement
d’amour n’aboutit pas, il n’y a plus de récepteur à l’autre bout de la
communication et cela constitue une douloureuse blessure chez les
enfants. C’est comme si ce mouvement tombait dans le vide, dans le néant.
Il y a rupture de communication empathique, de compréhension et
d’affinité. Et l’enfant croit qu’il va mourir. C’est une douleur
insupportable. Il ressent détresse et abandon. Cela crée une grande
panique chez l’enfant, c’est réellement une question de vie ou de mort.
L’enfant se sent impuissant et connaît une grande tristesse. Il finit
par se résigner. Et cela peut causer réellement la mort d’un enfant.
Ce mouvement est à l’origine de bien des névroses.
Ces ruptures dans la relation se produisent souvent entre 0 et 3 ans, là
où l’enfant est dans une grande période de fragilité, de survie
émotionnelle et physique. Cela se produit aussi un peu plus tard et les
effets sont moindres.
.
Il peut s’agir :
-
d’une séparation
courte, la maman est appelée de toute urgence à l’école car son
autre enfant vient d’avoir un accident.
-
d’une séparation
longue, la maman part pour accoucher, le papa part travailler à
l’étranger, l’enfant est brusquement placé dans un institut car les
parents ne peuvent plus assumer ou chez une grand mère ou envoyer en
Suisse pour s’y refaire une santé. Ou l’enfant est mis en couveuse,
né prématuré.
-
D’une simple
rupture dans l’élan affectif : l’enfant a cueilli un magnifique
bouquet de pissenlits et rentre heureux à la maison pour l ‘offrir à
Maman qui est toute occupée à faire le souper et ne porte pas ou peu
d ‘attention à ce geste d’amour. Ou l’enfant vient de se coucher et
il attend Maman, en vain, pour le câlin du soir.
-
D’une rupture parce
que la mère/le père est malade ou absent, indisponible parce que
pris dans ses propres intrications
Pour
se protéger, l’enfant va se retirer en lui, se refermer, se protéger en
mettant de la distance entre lui et les autres. Sa déception est grande
et il ressent beaucoup de chagrin, de désespoir. Il se méfie de
l’autre. Ils ont l’impression d’être rejetés.
Les enfants qui ont vécu cela mettent en place des stratégies qui se
manifestent à l’âge adulte, notamment lorsque la personne souhaite aller
vers autrui. À un certain stade du mouvement, des souvenirs vont
ressurgir et la bloquer.
Des programmes du genre Je vais me débrouiller seul, je ne demande rien
aux autres, je suis fort se mettent en place ; la main de l ‘autre qui
se tend pour les accompagner est perçue comme dangereuse. Et puis à quoi
ça sert, à quoi bon revient souvent.
Ces enfants deviennent solitaires et auront tendance à avoir beaucoup
de ressentiments envers les parents. Ils vont jusqu’à couper le contact
avec celui qui est cause de leur souffrance. Ils peuvent aussi se
réfugier dans l’indifférence. Ils deviennent distants.
Ils ont du mal à tisser des liens avec autrui et garder un partenaire.
Le souvenir de la rupture est trop douloureux. Il y a souvent des
programmes de sabotage dans la vie de couple, et ils peuvent rompre
brusquement une relation qui leur est chère sans vraiment savoir
pourquoi (je viens de quitter ma partenaire et cela fait 3 fois que je
fais cela et je ne sais pas pourquoi).
Ils ont du mal à exprimer leur tendresse, leur affection et à se
laisser toucher, au sens propre comme au sens figuré. Ils ont du mal à
être effet. Ils deviennent résistants et évitent d’être blessés, déçus
à nouveau. Ils prennent peu de risques à communiquer (communiquer c’est
accepter d’être effet).
Ils ont du mal à aller jusqu’au bout de leurs entreprises. L’élan n’y
est pas; il y a en eux un mouvement comme un pas en avant, deux pas en
arrière ou une tendance à tourner en rond et la démission se montre
facilement.
Lorsque cette dynamique se montre en constellation, c’est toujours un
moment délicat pour la personne concernée. Les émotions liées à cette
interruption vont être réactivées : colère, haine, peur, résistances,
renoncement, tristesse, chagrin demandent à être traversés. La personne
va hésiter, tenter d’échapper au processus, elle aura des tensions dans
la nuque, le dos, des maux de tête, une respiration bloquée. La
réparation du mouvement interrompu est excessivement douloureuse et
comme le dit Bert Hellinger, “cela s’accompagne d’un très profond
sentiment d’impuissance”.
Il s’agit de reprendre le mouvement là où il a été interrompu, alors que
la personne était enfant et cela demande des petits pas et du temps. La
personne a besoin d’être soutenue, touchée, prise dans les bras afin de
trouver la sécurité qui permette de traverser ces blocages et de
terminer le mouvement.
La restauration du mouvement interrompu fait partie intégrante du
processus des constellations familiales. La personne pourra alors aller
beaucoup plus facilement vers les autres, et vers les parents.

Prendre ses parents ne veut pas dire prendre
leurs responsabilités. Extrait de Bert Hellinger Les liens
qui libérent
L’enfant
n’a pas besoin de pardonner à ses parents. C’est quelque chose de
différent. Un enfant brutalisé a le droit de dire que c’était horrible
et il a aussi le droit de dire : “ je ne te le pardonnerai jamais”. Il
peut le dire, mais il n’a pas besoin pour autant de se mettre en
colère. Il peut dire : “c’est toi qui est responsable”. Mais ce que font
souvent les enfants, c’est que ce sont eux qui prennent la charge. C’est
plus difficile de laisser la faute et la responsabilité aux parents.
Mais les enfants ne peuvent pas prendre le droit de vouloir faire
justice en frappant à leur tour leurs parents, en disant :”vous allez
voir, ce que je vais vous faire”. Cela aurait de graves conséquences.
Un enfant qui dénonce ses parents pour quoi que ce soit aura tendance à
expier.

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